Gabon/ CTRI: L’épreuve de la Commission Vérité Justice et Réconciliation dans le cadre de la transition.
L'ancien arbitre international de Football, Christian Mouity s'est positionné par rapport aux travaux du Dialogue National inclusif ce qui doit être devrait être pour le bon fonctionnement.
La problématique de la justice transitionnelle, de la commission vérité, justice et réconciliation, ainsi que du dialogue national inclusif, revêt une importance capitale pour surmonter les périodes de crises et de transitions politiques.En ce qui concerne le Gabon et l’organisation des assises du Dialogue national inclusif d’avril 2024 par le *Comité pour la Transition et la Restauration des *Institutions (CTRI)* , l’absence d’une commission vérité, justice et réconciliation suscite des préoccupations majeures.
À ce sujet, le collectif des victimes du massacre au QG de Jean PING en 2016, certaines personnalités politiques, et les leaders de la société civile ont chacun exprimé un point de vue favorable à la mise en place de ladite commission.
Cette prise de position de ces derniers corrobore avec l’essor de ce mécanisme que l’Afrique connaît depuis ces dernières décennies, comme l’atteste la communication, lors de l' Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE (mars 2013),de Mgr Nicodème BARRIGAH ancien président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation du Togo, concernant l’aboutissement d’un processus de réconciliation nationale dans les pays sortant d’un conflit ou d’une crise.
Les commissions de vérité ont été mises en place dans plusieurs pays, dont :
L’Afrique du Sud (1995)
Le Rwanda (1999)
Le Ghana (2002)
La Sierra Léone (2002)
La République Démocratique du Congo (2002)
Le Maroc (2004)
Le Libéria (2005)
Le Kenya (2008)
Le Togo (2009)
La Côte d’Ivoire (2011)
Madagascar (2012)
Le Mali (2013)
Ces commissions reposent sur quatre principes formalisés par le magistrat *Louis Joinet* : le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation et les garanties de non-répétition.
La commission vérité et réconciliation,en depit des fortunes diverses, joue un rôle essentiel dans le processus de justice transitionnelle en contribuant à établir la vérité sur les violations passées des droits humains, à favoriser la réconciliation nationale et à prévenir de futures violences. Son absence dans le contexte du dialogue national au Gabon soulève des interrogations quant à la manière dont les griefs, les injustices et les atrocités commis sous l'ancien régime seront abordés et résolus.
Il convient de souligner que la justice transitionnelle ne se limite pas uniquement aux poursuites pénales ; elle vise également à restaurer la confiance dans l’État et ses dirigeants, à reconnaître les souffrances des victimes, à promouvoir la réconciliation et à consolider la démocratie.
Dans cette optique, l’organisation du dialogue national inclusif est encourageante, car elle peut constituer un premier pas essentiel vers la résolution des tensions politiques, économiques et sociales.
Toutefois, pour garantir une transition complète et durable, il est impératif de prendre en considération l’inclusion de la commission vérité,justice et réconciliation afin de traiter les questions relatives aux violations des droits humains lors des différentes crises post-électorales, à la justice,à l'impunité , à la réconciliation et à la refondation de nos institutions, ainsi qu’à la consolidation de la paix.
En définitive, l’intégration d’une commission vérité, justice et réconciliation dans le processus de transition politique au Gabon pourrait contribuer à assurer une transition juste, équitable et durable pour l’ensemble de la société.
Christian MOUITY

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