Interview avec Me Patrice NENDJOT en course au fauteuil de la ligue de l'Estuaire de karaté.
Me Patrice NENDJOT, titulaire d’un 4e Dan, est une figure emblématique du karaté et des sports de combat au Gabon. Actif depuis les années 90, il a su se distinguer par son engagement et sa passion pour les arts martiaux. Son parcours est marqué par l’apprentissage auprès des meilleurs maîtres et par le désir de transmettre cet héritage aux nouvelles générations.
Aujourd'hui, il se présente en candidature pour le fauteuil de la ligue de l'Estuaire de karaté-Do. Dans un entretien qu'il a accordé conjointement à Publi-Sports et GabonSportactu, Me NENDJOT a partagé sa vision pour l'avenir du karaté-do et arts martiaux affinitaires au Gabon. Il a souligné l'importance des réformes nécessaires pour améliorer la visibilité et la promotion de l'institution, ainsi que des talents émergents dans le domaine.
Il a exprimé son désir de collaborer étroitement avec les acteurs du karaté et des sports de combat afin de redynamiser la pratique et d'attirer davantage de jeunes vers ces disciplines. De plus, il a mentionné la nécessité de se référer aux valeurs de la 5e République, qui prônent l'engagement, le dépassement de soi et la solidarité, pour inspirer une nouvelle génération de karatékas.
Avec son expérience et son dévouement, Me NENDJOT aspire à insuffler un nouvel élan au karaté gabonais, en offrant non seulement des opportunités de formation, mais aussi en consolidant les fondements de cette discipline pour les années à venir.
Propos recueillis par Fabrice Guitrie
Publi-Sports: Me présentez-vous à nos lecteurs ?
Patrice Nendjot: Bonjour, je suis Maître Patrice NENDJOT, ceinture noire 4ᵉ Dan, Expert Fédéral, karatéka formé au Gabon et affûté à l’international. J’ai commencé par le karaté Shotokan dans les années 1990 au Gabon, avant de poursuivre mon parcours en France, où j’ai été formé par les grands maîtres Dominique Valera et Jean Luc Kitoko, références mondiales du karaté-contact et du Semi-Contact.
J’ai été champion de France, vice-champion d’Europe, champion du monde par équipe, et aussi champion du Gabon de Full-Contact en 1997. J’ai également entraîné l’équipe nationale Cadette de France. Mais plus que le palmarès, je suis un passionné de transmission, de formation, et de valeurs martiales.
Publi-Sports: Le karaté-Do, une discipline pas très en promotion auprès des nombreux publics et variés du territoire Gabonais. Est-ce une négligence des dirigeants ou un problème de financement ?
Me Patrice Nendjot: Le karaté-do, comme beaucoup d'autres disciplines, souffre encore d’un manque de visibilité auprès du grand public. Ce n’est pas nécessairement un manque de volonté, mais plutôt une question de priorisation et de structuration. Pendant longtemps, notre discipline s’est développée avec passion, mais sans toujours bénéficier d’un cadre suffisamment organisé pour rayonner à grande échelle. Aujourd’hui, il s’agit surtout de créer des synergies, de mieux communiquer, et d’ouvrir le karaté aux jeunes, aux écoles, aux familles. C’est à nous, acteurs du terrain, de proposer des dynamiques nouvelles, adaptées aux réalités du pays, pour que le karaté trouve toute sa place dans la société gabonaise.
Publi-Sports: Votre parcours est émouvant, pourquoi avoir été en arrière plan aussi longtemps ?
Me Patrice Nendjot: Je ne me suis jamais effacé. J’ai choisi de servir, de transmettre, de former. J’étais sur les tatamis, dans les dojos, en France et au Gabon, là où se joue l’avenir du karaté. Aujourd’hui, je me mets en avant parce qu’il est temps d’agir autrement, avec une vraie ambition pour la ligue de l’Estuaire.
Publi-Sports: Qui peut pratiquer le karaté-do et l'âge est il un facteur ?
Me Patrice Nendjot: Le karaté est universel. Il peut être pratiqué par les enfants dès 5 ans, les adolescents, les adultes, les séniors. Il y a une pratique pour chaque âge et chaque condition physique. Le karaté, c’est d’abord une école de vie. Il forme le corps, l’esprit et le caractère.
Publi-Sports: L'élection à la tête de la ligue de l'Estuaire des tendances vous annoncent grand favori, est-ce le fruit d'un travail préparé y a bien longtemps ?
Me Patrice Nendjot: Je ne me vois pas comme un favori, mais comme un serviteur du karaté, qui avance avec discrétion, constance et respect. Ce que je propose aujourd’hui n’est pas né d’une ambition personnelle, mais d’un parcours fait d’écoute, de pratique et de partage. Si certains voient en moi un candidat crédible, c’est peut-être parce que j’ai toujours privilégié le travail de fond, sans bruit, dans le respect des maîtres, des clubs et des pratiquants. L’élection, pour moi, n’est qu’une étape. Ce qui compte, c’est le projet collectif que nous portons avec humilité et détermination.
Publi-Sports: Quelles sont vos ambitions de réforme à l'Estuaire ?
Me Patrice Nendjot: Je veux restaurer l’unité entre les styles, garantir une formation de qualité pour tous les encadrants, professionnaliser la gestion des compétitions, soutenir l’inclusion des femmes et renforcer les passerelles avec les structures internationales. Nous devons redevenir une ligue référence, respectée au Gabon et au-delà.
Publi-Sports: Quels impacts de votre mandat auprès des établissements scolaires, universitaires et des orphelinats?
Me Patrice Nendjot: Ils seront au cœur de notre action. Le karaté est un outil d’éducation, de discipline, de confiance en soi. Nous allons lancer des partenariats concrets pour intégrer le karaté dans le parcours éducatif, dans une logique sociale et citoyenne.
Publi-Sports: Vos chantiers prioritaires?
Me Patrice Nendjot: Oui, ils reposent sur quatre piliers :
L’unité et la cohésion entre tous les styles, dans le respect des identités martiales de chacun.
La formation et l’élévation du niveau, avec un plan clair pour les entraîneurs, les arbitres, et les ceintures noires.
L’ouverture et la valorisation des talents, avec des stages, des compétitions, et des ponts vers l’international.
La gouvernance transparente, moderne, au service des clubs, avec des règles respectées et une gestion efficace.
Publi-Sports: La place du karaté-do dans la 5e République, partant du chef au personnel
Me Patrice Nendjot:La 5e République gabonaise doit donner au sport, et au karaté en particulier, sa vraie place dans l’édification d’une société plus disciplinée, plus respectueuse, plus forte. Du chef de l’État au dernier citoyen, chacun doit pouvoir voir dans les arts martiaux un levier d’éveil, de rigueur et d’unité.
Publi-Sports: Vos prochains défis ?
Me Patrice Nendjot: Le premier défi, c’est cette élection. Ensuite, il faudra rassembler, travailler dur et démontrer que le changement est possible. Mon combat, c’est celui de la transmission, de l’excellence et de l’unité. Et cela commence par une ligue digne, structurée, ambitieuse.


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