Gabon-Le sport en panne: chronique d’un chaos organisé
Par/Fabrice Guitrie
Voilà la fin du mois d’octobre, et toujours aucun signe d’une reprise des championnats nationaux, toutes disciplines confondues. Football, handball, basketball, judo, natation ou encore boxe. Le silence des terrains s’étire, inquiétant, révélateur d’une crise sportive profonde qui ne dit pas son nom.
Pendant que les autres nations africaines bâtissent leurs performances sur la régularité de leurs compétitions domestiques, le Gabon, lui, piétine. Les Ligues nationales Linaf, Lineph, Linaffem tout comme les fédérations, demeurent dans l’impasse, privées de moyens, d’orientations claires et d’un soutien gouvernemental tangible.
Monsieur le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, après avoir multiplié les gestes symboliques en direction des jeunes et des influenceurs comme le partage des ordinateurs, l’heure est peut-être venue d’un geste fort en direction du sport national. Quand donnerons-nous enfin les moyens aux fédérations de relancer les championnats ? A quand votre instruction au ministre des sports pour distribuer les subventions aux fédérations sportives, ligues nationales pour le début des championnats nationaux ?
Les athlètes gabonais, livrés à eux-mêmes, s’entraînent sans horizon, pendant que leurs voisins engrangent des titres grâce à des championnats structurés et réguliers. Les discours ne suffisent plus : le sport gabonais meurt à petit feu.
Cette situation chaotique traduit un manque criant de vision stratégique. Les responsables sportifs, souvent pris dans des luttes d’influence et des querelles de légitimité, oublient l’essentiel, le développement du sport passe d’abord par la compétition. Le Ministère des Sports, pour sa part, semble naviguer à vue, sans ligne claire, ni calendrier, ni projet concret.
La Ligue Nationale de Football Féminin, la Lineph, Linab ainsi que les fédérations doivent toujours être dans l'impasse et on est content à la Présidence de la République juste faire dans la distraction. Un moment décideurs faut avoir honte, vos hommes de mains sont distrait, confusion de rôle et un ministère toujours ailleurs et on demande des résultats positifs, basketball, natation, judo, boxe, handball, taekwondo, athlétisme doivent toujours faire avec leurs moyens. Aucune politique pour amener les entreprises à sponsoriser les clubs, ligues et fédérations parce qu'on a tout verrouillé.
Il est temps de repenser à ce qu'on veut réellement. Des connaisseurs de football qui finalement ne connaissent rien, des docteurs en doctorants dans la gestion du sport fouteurs de troubles tout simplement.
Et pourtant, tout est là : des talents, des infrastructures (parfois), des fédérations dynamiques mais asphyxiées, et surtout une jeunesse passionnée, prête à donner le meilleur d’elle-même. Ce qu’il manque, c’est la volonté politique.
Il est temps de rompre avec la logique de l’improvisation. Il est temps d’ouvrir les portes du sponsoring aux entreprises, de redonner confiance aux clubs, de restaurer la dignité du sport gabonais.
Monsieur le Président, après la belle qualification des Panthères pour les barrages de la Coupe du Monde 2026, vous avez appelé les joueurs à rester motivés. Mais comment garder cette motivation, si la base même du sport les championnats nationaux reste paralysée ?
Le Gabon mérite mieux qu’un sport d’apparat. Le Gabon mérite des compétitions vivantes, transparentes et régulières. Le Gabon mérite une politique sportive courageuse et visionnaire.
Il est encore temps d’agir. Sinon, l’histoire retiendra que, par négligence et manque d’audace, nous avons laissé mourir tout un pan de notre fierté nationale. Arrêtons le génocide sportif. Agissons, enfin, pour que le sport gabonais revive.

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