Noir total à la Fégahand !

Par/Fabrice Guitrie

Mon grand-père disait : « Un homme muet comme un voyou devant le commissaire, il faut s’en méfier. » Et moi, je n’aime pas le silence de la Fédération gabonaise de handball, encore moins celui de Nicole Asselé, depuis la dernière élection du président de la Fégahand. Que se passe-t-il réellement ? Le handball gabonais va-t-il encore payer le prix fort de cette inertie pour les quatre prochaines années ? 

Voilà deux mois que le général Sylvain Florient Pangou Mbembo a été réélu à la tête de la Fédération gabonaise de handball, après un bras de fer bien huilé face à son ex-camarade d’armes, Nicole Asselé, écartée avec une finesse politique que certains qualifieraient de "chirurgicale". Mais depuis cette victoire, c’est le noir total. À la Maison de la Peyrie, plus de lumière, plus de voix, plus de souffle : pas le moindre communiqué, pas même un soupir du bureau provisoire censé diriger le handball national.

Alors, question simple : pourquoi le bureau n’est-il toujours pas connu ? Ma grand-mère, que Dieu ait son âme, disait souvent : « C’est après avoir traversé la rivière que tu te rends compte du crocodile qui dormait dessous. » Le président Pangou Mbembo découvre-t-il enfin les vautours qui lui ont grignoté la carapace durant son précédent mandat ? Peut-être qu’il réfléchit à la manière d’envoyer à la retraite ces retraités de la retraite.

Certains me diront : "Fabrice, tu parles trop, tu es fou !" Oui, peut-être. Mais comme disait mon oncle : « Quand ils disent O et toi tu dis A, c’est toi le fou. » Dans ce pays, refuser la compromission fait de toi un homme à abattre. Pourtant, dire la vérité n’a jamais rendu un journaliste fou. Quand Omar Bongo Ondimba affirmait « Le chien aboie, la caravane passe », c’était bien parce qu’il savait de quoi il parlait.

Et Nicole Asselé, où est-elle passée depuis le théâtre de l’Hôtel Impérial ? Ce jour-là, elle a frôlé l’humiliation par ceux-là mêmes qu’elle avait autrefois hissés dans le monde du handball. Ceux qu’elle a nourris d’opportunités ont préféré lui tourner le dos, pour faire allégeance au général Pangou Mbembo. Ironie du sort : demain, ces mêmes fidèles pourraient lui réserver le même sort.

Comme le disait un vieux sage de Moulandoufouala, mon village natal : « Ce n’est pas parce que le serpent a changé de peau qu’il n’est plus venimeux. » Et il ajoutait : « Aide l’enfant de ta sœur, fais tout pour lui, mais c’est elle qu’il honorera plus tard. »

Alors je repose la question : que prépare Nicole Asselé ? Silence stratégique ou retrait définitif ? Une chose est sûre : le handball gabonais, lui, continue de perdre du temps.

Et quand le sport perd du temps, c’est la jeunesse qui en paie le prix.

Le général Pangou Mbembo a désormais les clés. Mais dans le noir complet où se trouve la Fégahand, encore faut-il qu’il trouve la porte…

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