Estuaire-Boxe : la DPJSE sonne la fin de l’empirisme

Par Fabrice Guitrie

Longtemps miné par le laxisme et l’improvisation, le monde sportif gabonais paie aujourd’hui le prix de plusieurs années de dérives administratives. Dans la boxe notamment, certains dirigeants, profitant du silence complice des autorités, ont transformé les ligues et fédérations en véritables zones de non-droit. Mais la Directrice provinciale de la Jeunesse et des Sports de l’Estuaire, Bérangère Minang, a décidé de dire stop à ce désordre.

Ce samedi, saisie par le collectif des clubs de boxe de l’Estuaire et par le président destitué Alain Otha, la DPJSE a pris une position ferme : le président nommé récemment à la tête de la ligue ne pourra pas exercer dans la province.

« Ce président nommé ne pourra pas exercer dans l’Estuaire », a tranché Mme Minang.

Un imbroglio de plus dans la boxe gabonaise

Le bras de fer s’annonce tendu. Selon les faits, un nouveau président, Brayan Abessolo Nguéma, aurait été nommé à la tête de la Ligue provinciale de boxe de l’Estuaire, alors qu’un bureau élu, dirigé par Alain Otha, est toujours en fonction.

Lors d’une conférence de presse tenue à Libreville, le président démis a dénoncé ce qu’il considère comme une manœuvre arbitraire :

« Je n’ai jamais démissionné. Alors que nous préparions la nouvelle saison, j’ai appris, sans notification, que j’étais remplacé. C’est une injustice manifeste », a-t-il déclaré.

La fermeté retrouvée de l’administration

Face à cette situation jugée incohérente, la Directrice provinciale, Bérangère Minang, a réaffirmé l’autorité de l’État et rappelé le respect de la légalité.

« Le ministère ne reconnaît pas cette ligue nommée, car il y a eu violation de la loi. Ce qui se fait sans le ministère est contre le ministère. Cette décision-nomination est nulle », a-t-elle martelé.

Pour elle, il n’est plus question de tolérer le désordre administratif qui a trop souvent caractérisé la gestion du sport dans la province. Elle a ainsi confirmé que M. Otha demeure président légitime de la ligue, en attendant les conclusions officielles à transmettre à la hiérarchie.

Des zones d’ombre dans la procédure. Visiblement exaspérée, Mme Minang s’est interrogée sur la base juridique de cette nomination controversée.

« Sur quelle base la nomination s’est-elle faite ? Le président Nzigou Manfoumbi s’est appuyé sur les anciens textes de Sossa, alors que le ministère reconnaît désormais ceux d’Olivier Moussavou », a-t-elle souligné, avant de conclure. « On ne saurait cautionner ce désordre qui perdure. »

Vers une ère de rigueur ?

En prenant une position claire, la Directrice provinciale de la Jeunesse et des Sports de l’Estuaire envoie un signal fort : l’ère de l’empirisme et de l’improvisation est révolue.

Le monde de la boxe, souvent en proie à des querelles intestines et à des conflits de légitimité, devra désormais se conformer aux règles de transparence et de bonne gouvernance. Dans ce combat administratif, les coups ne sont pas physiques, mais institutionnels. Et cette fois, c’est l’État qui semble vouloir remonter sur le ring.

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