Au Palais Rénovation, l’oreille de la République tendue vers la jeunesse
Par/Fabrice Guitrie
Ces derniers temps il y a des audiences qui dépassent le protocole. Celle accordée ce matin au Palais Rénovation du bord de mer en fait incontestablement partie. À 10 heures précises, le président de SOS Jeunesse, Constel Oyono, a franchi les portes du Département Jeunesse et Sports pour une rencontre décisive avec la conseillère spéciale du Chef de l’État, Géraldine Yama Robert.
Et ce qui aurait pu n’être qu’un échange institutionnel de plus s’est transformé, selon plusieurs jeunes présents, en un moment d’écoute attentive et d’engagement concret.
Une jeunesse qui veut exister. Au cœur des discussions, l’avenir d’une génération en quête de repères. SOS Jeunesse est venue exposer sa feuille de route, centrée sur l’encadrement, l’orientation et la valorisation des compétences des jeunes gabonais. Mais l’initiative phare présentée lors de l’audience a retenu toute l’attention, un vaste programme d’identification des jeunes sans formation ni emploi, afin de les accompagner vers des solutions adaptées et durables.
Dans un pays où l’insertion professionnelle demeure un défi majeur, l’idée n’est pas seulement ambitieuse, elle est stratégique. L’écoute comme méthode. Ce qui frappe, au-delà du contenu technique des propositions, c’est la méthode. Plusieurs acteurs présents décrivent une conseillère « attentive », « précise », « impliquée ». Géraldine Yama Robert n’a pas seulement entendu, elle a orienté.
À l’issue des échanges, des recommandations claires ont été formulées, renforcer la synergie avec les ministères compétents, intégrer les diplômés au Programme National de Promotion de l’Emploi pour accélérer leur insertion, et surtout mettre en place un mécanisme de suivi rigoureux à partir d’une liste consolidée des jeunes recensés.
Une approche structurée, loin des promesses creuses. En observateur engagé de la vie publique, voir un dossier jeunesse traité avec autant de méthode et de rigueur suscite une certaine émotion. Trop souvent, les initiatives en faveur des jeunes se perdent dans les méandres administratifs. Ici, le cap semble fixé.
Ce sens de l’organisation et cette exigence de résultats ne surprennent guère ceux qui suivent le travail déjà accompli par la conseillère spéciale. Depuis sa prise de fonctions, elle s’est distinguée par une approche pragmatique, fondée sur la concertation et la planification.
La rencontre avec SOS Jeunesse s’inscrit donc dans une continuité : structurer les initiatives citoyennes, créer des passerelles entre la société civile et l’État, et donner aux projets portés par les jeunes une assise institutionnelle solide. Au-delà des mots, cette audience symbolise une reconnaissance. Celle d’une organisation engagée, mais aussi celle d’une jeunesse qui refuse la fatalité du chômage.
L’impression qui se dégage est celle d’un dialogue qui s’ouvre, d’un pont qui se construit entre ambition associative et volonté politique. Si les recommandations formulées trouvent une application rapide et cohérente, cette rencontre pourrait bien marquer un tournant dans la politique d’insertion des jeunes au Gabon.
En quittant le Palais Rénovation, l’espoir semblait palpable. Et pour une fois, il ne reposait pas seulement sur des discours, mais sur une méthode, un suivi annoncé et une écoute réelle. La jeunesse gabonaise attend des actes. Ce matin, elle a au moins été entendue.


Commentaires
Enregistrer un commentaire