Fégafoot: une élection sans suspense, révélatrice d’un amateurisme inquiétant
Par/Fabrice Guitrie
Le verdict est tombé comme un couperet. À l’issue de plusieurs jours d’examen rigoureux des dossiers, la Commission électorale de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) a rendu publics, ce vendredi 27 mars, les résultats de la recevabilité des candidatures à l’élection du Comité exécutif prévue le 18 avril prochain. Une seule liste est retenue. Celle conduite par Pierre Alain Mounguengui (MPA). Les trois autres candidatures sont purement et simplement rejetées.
Derrière cette décision, c’est un constat sévère qui s’impose, celui d’un manque de sérieux flagrant de la part de candidats pourtant engagés dans une course à la magistrature suprême du football gabonais.
Une commission électorale ferme sur les principes
Lors de son point de presse, la vice-présidente de la Commission électorale, Madame Adamo Joseph Laetitia, a rappelé avec insistance le rôle de l’organe qu’elle représente : garantir un processus transparent, équitable et conforme aux textes en vigueur. « Notre seule boussole a été la conformité et la complétude des dossiers », a-t-elle martelé.
Dans un contexte où la crédibilité des institutions sportives est régulièrement mise à l’épreuve, la Commission a tenu à démontrer son indépendance et son attachement strict aux statuts et au code électoral adoptés en juin 2025.
Trois candidatures recalées, trois naufrages administratifs
L’examen des dossiers a mis en lumière des insuffisances parfois ahurissantes. La candidature de Christian Gabin Nzoghe a été invalidée pour une accumulation d’irrégularités, liste non conforme, absence de documents essentiels (casier judiciaire, pièces d’identité certifiées, CV sportifs), défaut de parrainages requis et non-paiement de la caution. Plus grave encore, le candidat aurait refusé d’accuser réception des correspondances de la Commission lui demandant de compléter son dossier.
Du côté de Darneau Essia Ndong, le constat est plus nuancé. Son dossier était globalement conforme sur le fond, avec une équipe respectant les critères exigés. Toutefois, deux manquements majeurs lui ont été fatals, un nombre insuffisant de parrainages et l’absence de paiement de la caution. Une candidature « presque recevable », mais recalée pour des détails pourtant déterminants.
Enfin, le cas du Dr Axel Nguema Edou frise l’incompréhensible. Aucun dossier structuré, aucune liste de colistiers, aucune pièce administrative, ni casier judiciaire, ni documents d’état civil certifiés, ni preuve de parrainage, ni caution. En somme, un dossier vide, indigne d’une élection de cette envergure. Une légèreté qui interroge sur le sérieux de certaines ambitions affichées.
Mounguengui, seul en lice
Face à cette hécatombe administrative, la liste de Mounguengui Pierre Alain apparaît comme la seule à avoir respecté scrupuleusement les exigences réglementaires. Dossier complet, colistiers éligibles, parrainages largement validés, avis favorable de la Commission d’éthique tout y est.
Résultat, il se retrouve seul en lice pour l’élection du 18 avril, transformant de facto ce scrutin en une formalité. Une démocratie sportive en question Si la Commission électorale peut se féliciter d’avoir appliqué les textes avec rigueur, cette situation pose néanmoins une question de fond, quelle crédibilité pour une élection sans concurrence réelle ?
Le manque de préparation, voire l’improvisation de certains candidats, jette une ombre sur la vitalité démocratique du football gabonais. À ce niveau de responsabilité, l’approximation n’a pas sa place. La Commission a rappelé que les candidats recalés disposent d’un délai de recours de trois jours. Une ultime chance de sauver ce qui peut encore l’être. Mais au regard de l’ampleur des manquements constatés, l’issue semble déjà scellée.
Un signal fort! mais inquiétant
Au-delà de la validation d’une candidature, cette séquence électorale envoie un message clair, le respect des règles n’est pas une option. Mais elle révèle aussi un malaise plus profond celui d’un environnement où certains acteurs peinent encore à intégrer les exigences minimales de gouvernance.
Le football gabonais mérite mieux que des candidatures approximatives. Il mérite des dirigeants à la hauteur des enjeux.





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