Football: la Licence CAF A renaît à Bikélé, un vent d’espoir souffle sur la formation des entraîneurs

Par/Fabrice Guitrie

Au Centre technique de Bikélé, il flotte un parfum particulier. Celui de la transmission, de l’exigence et surtout de l’espoir. À la demande de la Fédération Gabonaise de Football (Fégafoot), un séminaire de formation des entraîneurs pour l’obtention de la Licence CAF A se tient actuellement, sous la houlette du président Pierre Alain Mounguengui. 

Un événement loin d’être anodin. Voilà près de dix ans que le Gabon n’avait plus organisé une formation de ce niveau. Dix années d’attente, d’espoirs suspendus, et aujourd’hui, enfin, le chantier de la compétence est relancé.

Une formation sous haute exigence, dans les salles de cours comme sur les pelouses, les 25 stagiaires vivent une expérience intense. Les modules s’enchaînent, les évaluations aussi. Rien n’est laissé au hasard. 

L’instructeur FIFA/CAF Guy Blaise Ngamamba ne cache pas sa satisfaction, « Nous les évaluons à chaque module. Il en reste trois et au cinquième, nous ferons une évaluation finale d’où sortiront les admis. Imaginons que sur les 25 stagiaires, nous les ayons tous, ce serait génial, un véritable motif de satisfaction. Mais pour l’instant, nous sommes déjà très heureux d’organiser cette Licence A. Cela faisait près de dix ans que nous n’en avions plus organisé une. Nous avons rempli toutes les conditions pour y arriver. »

Dans sa voix, on perçoit la fierté d’un technicien conscient du chemin parcouru. À chaque regroupement, dit-il, « c’est toujours un motif de satisfaction ». La motivation est palpable. On sent des entraîneurs habités par le désir d’obtenir leur sésame, déterminés à franchir un cap dans leur carrière.

Dix ans d’attente, un nouveau départ, cette Licence A n’est pas qu’un diplôme. Elle symbolise une ambition retrouvée celle de structurer durablement le football gabonais par la base, par le savoir, par la compétence.

« On est restés très longtemps à l’attendre et à l’organiser. Ce n’est qu’un début », insiste l’instructeur.

Et la dynamique ne compte pas s’arrêter là. La Fégafoot envisage déjà, d’ici fin avril ou début juin, la révision des modules des licences B et C. Une stratégie progressive mais assumée. Le chantier est vaste, le chemin long, mais la volonté est affichée. 

Une vision élargie: futsal, beach soccer et spécialités techniques

Au-delà du module A, l’ambition est claire : élargir le champ de la formation. Le football en salle, le beach soccer, les préparateurs physiques, les entraîneurs des gardiens… tous sont concernés. C’est tout un panel de compétences que la fédération souhaite développer pour répondre à une demande croissante. Car le football moderne ne se limite plus à onze joueurs sur une pelouse. Il exige une expertise pointue, diversifiée, adaptée aux standards internationaux.

La formation devient alors un acte politique au sens noble du terme, structurer, professionnaliser, élever le niveau général.

Un moment charnière pour le football gabonais. En observant ces techniciens, concentrés, appliqués, studieux, je ne peux m’empêcher de penser que quelque chose est en train de se reconstruire. Lentement, peut-être, mais sûrement. La relance des licences CAF au Gabon n’est pas un simple calendrier académique. C’est un signal. Celui d’un football qui comprend que son avenir passe d’abord par la compétence de ses encadreurs.

À Bikélé, aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des entraîneurs qui se forment. C’est tout un écosystème qui se remet en mouvement. Et si cette Licence A marquait le début d’une nouvelle ère ? 



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