USB-Décision express ou manipulation grossière ? De lourds soupçons de faux autour d’une ordonnance du tribunal d’Oyem

Par/Fabrice Guitrie

Une ordonnance judiciaire censée faire autorité se retrouve aujourd’hui au cœur d’une vive polémique. En cause, de nombreuses incohérences qui jettent un doute sérieux sur l’authenticité même du document présenté comme une décision officielle du Tribunal de première instance d’Oyem. Aucune notification à Billy Bendo EDO qu'il n'est plus président de l'USB, le tribunal également. Aucun procès-verbal du conseil de surveillance sur la nomination de Samy signé dûment des présents et ce PV ne peut être signé par une seule personne. Le document envoyé à la Linafp dont nous avons accusé réception n'est signé ni de Ndemezo'o Obiang ni personne d'autre sauf si un autre a été fabriqué. Introduit le 16 rendu le 16 mars.

Au centre de cette affaire, une requête introduite le 16 mars 2026 par le camp de sieur MVE Essono Samy Edgard, sollicitant la rétractation d’une précédente décision rendue mardi 17 mars seulement un jour jours plus tôt, en contradiction de la décision 11 mars 2026. Jusque-là, rien d’anormal en apparence. Mais c’est la suite qui interroge profondément.

Une justice rendue à la vitesse de l’éclair par qui ?

Selon le document, le tribunal aurait examiné la requête, analysé les pièces, statué sur le fond, rétracté une décision antérieure et rendu une nouvelle ordonnance le même jour, soit le 16 mars 2026.

Une célérité qui surprend, voire choque. Dans une procédure judiciaire classique, un tel enchaînement dépôt, instruction, analyse des pièces, décision nécessite un délai incompressible. Ici, tout semble avoir été expédié en quelques heures. Une rapidité qui soulève une question essentielle. S’agit-il réellement d’une décision rendue dans les règles de l’art judiciaire ou un document produit dans un cyber café ?

Des incohérences troublantes

Plus grave encore, le contenu du document révèle des contradictions majeures. Il y est fait mention de décisions et de pièces antérieures censées légitimer une réorganisation du comité exécutif de l’Union Sportive de Bitam. Mais un élément attire particulièrement l’attention, le nom de René Ndemezo’o Obiang, présenté comme acteur clé dans la structuration du club, voire implicitement comme figure fondatrice.

Or, un simple rappel historique suffit à démontrer l’incohérence, le club est fondé en 1945, tandis que Ndemezo’o Obiang serait né aux alentours de 1947. Une impossibilité chronologique flagrante. Comment une personne née après la création d’un club pourrait-elle en être fondatrice ou acteur originel ?

Une instrumentalisation de la justice ?

Ces anomalies renforcent les soupçons d’un document fabriqué ou manipulé dans le but de servir des intérêts particuliers. Plus inquiétant encore, cela donne l’impression que l’institution judiciaire elle-même serait involontairement impliquée dans un processus douteux. La justice, pilier de l’État de droit, ne peut être associée à des pratiques opaques ou à des montages contestables. Entraîner un tribunal étatique dans des combines ou des falsifications serait d’une gravité extrême.

Une réaction précipitée de la Linafp

Comme pour accentuer le trouble, la Ligue nationale de football professionnel (Linafp) a également publié un communiqué dans un délai inhabituellement court, semblant entériner les conclusions de cette ordonnance contestée. Là encore, la question se pose : sur quelles bases solides cette prise de position s’appuie-t-elle, alors même que la décision judiciaire présente des zones d’ombre évidentes ?

Nécessité de vérité et de transparence

Face à ces éléments, une clarification s’impose. Les autorités judiciaires compétentes doivent vérifier l’authenticité de ce document et, le cas échéant, situer les responsabilités. Car au-delà d’un simple litige sportif, c’est la crédibilité des institutions qui est en jeu.

Dans un contexte où le football gabonais cherche stabilité et gouvernance saine, toute tentative de manipulation, surtout impliquant des décisions de justice, doit être fermement dénoncée et sanctionnée. L’affaire ne fait sans doute que commencer. 


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