FÉGAFOOT: POLÉMIQUE AUTOUR D’UN PRÉSUMÉ SOUTIEN PRÉSIDENTIEL À MOUNGUENGUI

Par/Fabrice Guitrie

Les déclarations tenues sur TV+ Afrique continuent de susciter un vif débat dans l’opinion publique gabonaise. Au cœur de la controverse, des accusations portées par certains invités du plateau, affirmant que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, soutiendrait la candidature de Pierre-Alain Mounguengui (MPA) à la présidence de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) comme Ali Bongo au paravent. Mais Freddy Koula a répondu à Brice Ndoutoume de menteur. 

Des accusations sans preuves tangibles, parmi les voix les plus critiques, Freddy Koula Moussavou, président de l’Athletic Club Akanda, n’a pas hésité à affirmer qu’aucun candidat ne peut accéder à la tête de la Fégafoot sans l’appui de la présidence de la République. Une déclaration forte, mais qui soulève une question essentielle, sur quelles preuves concrètes reposent ces allégations ?

Les propos tenus sur Tv+ Afrique affirment que le président de la République serait un soutien du candidat Mounguengui Pierre Alain (MPA), sans en apporter la démonstration. Ces propos sont soutenus par quelles types de preuves que le président sortant de la Fégafoot serait soutenu par le chef de l'État ? Aucune preuve concrète n’est avancée pour crédibiliser une telle affirmation.

N'est-il pas sensé félicité le vainqueur de l'élection plutôt que d’être associé à un candidat ? Comment un président de la République pourrait avoir un candidat dans une élection fédérale ? Cette interrogation met en doute la neutralité attendue des institutions. Est-ce Brice Clotaire Oligui Nguema qui a payé la caution liste du candidat Mounguengui Pierre Alain ?

Où il fallait qu'il finance les cautions des candidats opposés pour équilibrer la compétition ? Ces questions révèlent surtout des incohérences et l’absence d’éléments vérifiables. Dans ce contexte, ces propos apparaissent davantage comme une construction polémique que comme une réalité établie.

À ce jour, aucun élément factuel vérifiable n’est venu étayer ces accusations. Ni documents officiels, ni déclarations publiques du chef de l’État, ni indices financiers ne permettent d’établir un quelconque lien direct entre la présidence et la campagne de MPA. Est-ce une confusion des rôles institutionnels ?

Dans un État de droit, le rôle d’un président de la République est de garantir le bon fonctionnement des institutions, non de s’immiscer dans les processus électoraux des fédérations sportives. Traditionnellement, le chef de l’État se contente de féliciter le vainqueur à l’issue du scrutin.

Dès lors, plusieurs interrogations s’imposent, le président aurait-il financé la caution du candidat Mounguengui ? Aurait-il, dans un souci d’équité, soutenu également ses adversaires ? Autant de questions qui, en l’absence de réponses claires, alimentent davantage la spéculation que l’information.

Le précédent Ali Bongo Ondimba, certains observateurs évoquent également un précédent troublant. Par le passé, Pierre-Alain Mounguengui aurait été perçu comme proche du pouvoir sous l’ère d’Ali Bongo Ondimba. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de connaître des démêlés judiciaires, allant jusqu’à une incarcération.

Ce rappel historique met en lumière une réalité souvent ignorée, supposé soutien politique ne signifie pas nécessairement protection ou favoritisme systématique. Entre soupçons et instrumentalisation il faut éviter des polémiques sans fondement, citer le nom du Chef de l'État dans ce contexte est maladroit.

Sur le plateau de TV+, si Parfait Ndong s'est contenté de dire si MPA est candidat il serait soutenu par des puissants, un autre intervenant a évoqué une possible proximité politique entre MPA et le pouvoir actuel, notamment en raison de son appartenance à l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB). Là encore, aucun fait précis ne vient confirmer une quelconque collusion.

Dans ce contexte, le risque d’instrumentalisation de l’image du chef de l’État est réel. Associer son nom à des allégations non vérifiées peut fragiliser la crédibilité du débat public et détourner l’attention des véritables enjeux de cette élection.

Le rappel des règles internationales. Il convient de rappeler que la FIFA interdit strictement toute ingérence politique dans les affaires des fédérations nationales. Toute implication avérée d’un pouvoir étatique pourrait entraîner des sanctions lourdes, allant jusqu’à la suspension de la fédération concernée.

Dans un climat électoral déjà tendu, la prudence et la rigueur doivent guider les prises de parole publiques. Les accusations graves, surtout lorsqu’elles impliquent les plus hautes autorités de l’État, exigent des preuves solides.

À défaut, elles relèvent davantage de l’opinion que de l’information. Au-delà des polémiques, une évidence s’impose la crédibilité du processus électoral à la Fégafoot dépendra avant tout de sa transparence et du respect des règles, loin des spéculations et des procès d’intention. 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Handball-Crise à Kigali: Oligui Nguema ordonne le retour de la délégation gabonaise

Tournoi de la montée-Vétérans FC sous la menace d'une lourde sanction disciplinaire