FECOFA: le temps des candidatures fantaisistes touche à sa fin dans le football africain

Par/Fabrice Guitrie

Le football africain semble progressivement entrer dans une nouvelle ère, celle de la rigueur administrative et du respect des règles électorales. Longtemps considérées comme de simples formalités, les conditions d’éligibilité aux élections fédérales deviennent désormais de véritables filtres. Et certains candidats, habitués au bruit médiatique plus qu’au sérieux des dossiers, tombent de haut. 

Le dernier épisode en date vient du Congo avec la FECOFA, où selon plusieurs indiscrétions, Veron MOSENGO devrait rester seul dans la course à la présidence après l’examen des recours et des candidatures. Aziz MAKUKULA, Jean-Claude MUKANYA, Kevin ISSA et Max MAYAKA seraient définitivement hors-jeu pour non-conformité de leurs dossiers.

Une situation qui rappelle fortement les récents feuilletons observés au Mali et au Gabon. À chaque fois, le même scénario se répète, des candidats annoncent leur ambition à grand renfort de communication, mobilisent des soutiens sur les réseaux sociaux, crient parfois au complot lorsque leur dossier est rejeté. Mais se révèlent incapables de respecter des exigences administratives pourtant élémentaires.

Le problème est profond. Beaucoup continuent de croire qu’une fédération sportive se dirige comme une tribune politique improvisée, où le vacarme médiatique remplacerait les compétences, la méthode et la maîtrise des textes. Or, les fédérations modernes fonctionnent désormais sous le regard attentif de la FIFA et de la CAF, avec des commissions électorales de plus en plus exigeantes sur la conformité juridique des candidatures.

Le temps des dossiers montés à la dernière minute, des pièces manquantes, des conditions d’éligibilité ignorées ou des recours émotionnels semble peu à peu s’achever.

Au Gabon déjà, plusieurs agitations avaient davantage reposé sur des campagnes d’opinion que sur la solidité des dossiers administratifs. Au Mali, certaines candidatures recalées avaient provoqué un vacarme politique disproportionné avant que les textes ne rappellent brutalement la réalité : une élection ne se gagne pas d’abord sur Facebook ou dans les plateaux de télévision, mais dans le respect strict des règles établies.

Le cas congolais confirme cette tendance lourde. Le football africain cherche désormais à assainir ses institutions en mettant fin aux candidatures improvisées, souvent portées par des ambitions personnelles sans véritable préparation structurelle.

Cette évolution peut frustrer certains acteurs, mais elle reste indispensable pour crédibiliser les fédérations africaines. Car comment prétendre gérer des millions de dollars, organiser des compétitions internationales ou défendre les intérêts d’un football national lorsque l’on est incapable de constituer correctement un simple dossier de candidature ?

Derrière ces rejets successifs se cache aussi une réalité plus dérangeante : beaucoup découvrent trop tard que la gouvernance sportive moderne exige des compétences administratives, juridiques et organisationnelles réelles. Le football africain n’est plus un terrain d’amateurisme.

La FECOFA pourrait ainsi offrir, le 20 mai prochain, une illustration brutale mais symbolique de cette nouvelle époque : celle où le sérieux administratif commence enfin à prendre le dessus sur l’agitation et les candidatures désinvoltes.

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