Boxe: à quelques jours d’un rendez-vous continental, l’inertie administrative menace l’image du Gabon

Par/Fabrice Guitrie

Libreville s’apprête à devenir, du 20 au 28 juin prochain, la capitale africaine de la boxe de la Zone 3. Une compétition majeure qui doit réunir plusieurs nations du continent dans ce qui constitue l’un des premiers grands événements sportifs internationaux organisés par le Gabon sous l’ère de la 5e République. 

Sur le papier, tout semble réuni pour faire de cette compétition une vitrine du savoir-faire gabonais. Les délégations du Cameroun, du Congo, de la République démocratique du Congo, de la République centrafricaine, de la Guinée équatoriale et du Kenya ont déjà annoncé leur présence, tandis que d’autres pays pourraient encore rejoindre l’aventure. Mais derrière l’enthousiasme affiché par les acteurs de la boxe gabonaise, une inquiétude grandit à mesure que l’échéance approche.

À moins de deux semaines de l’ouverture officielle, plusieurs aspects essentiels de l’organisation demeurent suspendus à des décisions administratives qui tardent à être prises. Une situation difficilement compréhensible lorsqu’on sait que le dossier relatif à l’organisation de ce championnat a été transmis aux autorités compétentes depuis plusieurs mois.

Comment expliquer qu’un événement d’une telle importance soit encore confronté à des incertitudes logistiques aussi fondamentales ? Pourquoi attendre les derniers instants pour se prononcer sur des infrastructures et des moyens de transport indispensables à la réussite de la compétition ?

Ces interrogations sont aujourd’hui sur toutes les lèvres dans le milieu sportif.

Le Palais des Sports, site pressenti pour accueillir les combats, n’aurait toujours pas été officiellement mis à disposition des organisateurs. Même constat concernant les moyens de transport nécessaires à l’acheminement des délégations étrangères. Une situation qui contraste avec les ambitions affichées par les autorités de faire du sport un levier de rayonnement national.

Pendant ce temps, les techniciens de la Fédération gabonaise de boxe poursuivent leur mission dans des conditions qui relèvent davantage du parcours du combattant que d’une préparation sereine d’un événement continental. Le Directeur technique national, Dieudonné Mefagué, continue de mobiliser les athlètes sélectionnés malgré des ressources limitées et un accompagnement institutionnel qui se fait attendre.

Au-delà de l’aspect sportif, c’est surtout la crédibilité du Gabon qui se retrouve aujourd’hui en jeu. L’Afrique du noble art observe attentivement l’évolution du dossier. Les exigences de l’instance continentale sont connues et ne laissent aucune place à l’improvisation. Tout manquement aux engagements pris pourrait entraîner des sanctions dont les conséquences dépasseraient largement le cadre de cette seule compétition.

Le paradoxe est saisissant. Alors que le pays ambitionne de retrouver toute sa place dans le concert des grandes nations sportives africaines, certains blocages administratifs risquent de compromettre les efforts consentis par les fédérations et les acteurs de terrain.

Les boxeurs, eux, continuent de se préparer avec détermination. Ils méritent mieux que l’incertitude actuelle. Ils méritent que les décideurs prennent enfin la mesure de l’enjeu. Car à quelques jours de l’arrivée des délégations étrangères, chaque heure perdue fragilise davantage l’organisation de l’événement. Et dans le sport de haut niveau comme dans la gestion publique, le temps est souvent l’adversaire le plus redoutable.

Le Gabon a rendez-vous avec son image. Il serait regrettable que ce rendez-vous soit manqué à cause d’une lenteur administrative devenue difficile à justifier.

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