Football gabonais: le blocage des agréments techniques, symptôme d'un chaos administratif ?
Par/Fabrice Guitrie
Pendant que les acteurs du football et autres sports attendent avec impatience la délivrance des agréments techniques, le dossier semble s'enliser dans les méandres administratifs du ministère de la Jeunesse et des Sports. Pourtant, selon plusieurs sources, le ministère de l'Intérieur a déjà donné son aval au niveau du guichet unique tout est signé. Alors, qu'est-ce qui bloque encore ? Pourquoi cette nouvelle vague de contestations au moment où les ligues provinciales et les clubs espéraient enfin voir le bout du tunnel ? Est-ce une instruction du Président Gabonais Oligui Nguema ?
D'après des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, l'administration des Sports semble davantage s'inscrire dans une logique manifeste de créer un nouveau tournant de déchirure que dans une volonté de faire avancer les choses. Une situation d'autant plus incompréhensible que, pour la majorité des associations sportives, l'agrément technique ne procure aucun avantage financier immédiat. Il s'agit avant tout d'un document administratif indispensable à la régularité de leur fonctionnement.
La dernière polémique en date porte sur une prétendue erreur de rédaction de l'article 10 des statuts de certaines ligues. Le guichet unique estime qu'il faudrait lire « sous-ligues communales et/ou départementales » au lieu de « sous-ligues provinciales ». Une simple coquille qui servirait aujourd'hui de motif pour suspendre la signature des agréments.
Mais cette justification interroge. Faut-il réellement convoquer une Assemblée générale extraordinaire, avec toutes les dépenses que cela implique, pour corriger une erreur matérielle qui ne modifie ni l'esprit des statuts ni l'organisation de la ligue ? Une notification officielle demandant la correction lors de la prochaine assemblée ordinaire n'aurait-elle pas été une solution plus pragmatique ?
Autre sujet d'incompréhension, les assurances. Des ligues ayant déposé leurs dossiers depuis plus de trois semaines se voient aujourd'hui reprocher que leurs polices d'assurance ne sont plus valides. Pourtant, au moment du dépôt, ces assurances étaient bel et bien en cours de validité. Elles couvraient la période des compétitions, conformément aux exigences réglementaires.
Comment reprocher aujourd'hui l'expiration d'une assurance alors que le retard est exclusivement administratif ? Plus encore, si les compétitions nationales financées par le Ministère des sports se sont déroulées alors que les agréments n'étaient pas délivrés, la responsabilité ne peut-elle pas également incomber à l'administration qui a laissé les championnats se tenir dans ces conditions ?
Au-delà des arguments techniques, c'est la gouvernance du sport gabonais qui est une nouvelle fois interrogée. Les textes doivent naturellement être respectés, mais ils ne devraient jamais devenir un instrument de blocage permanent. Une administration performante est celle qui accompagne les acteurs, facilite les procédures et corrige les irrégularités dans le respect du droit, plutôt que de multiplier les obstacles. C'est seulement en agissant ainsi que la vision du chef de l'État Brice Clotaire Oligui Nguema est mise en exergue.
À quelques mois des nouvelles saisons sportives, les ligues provinciales et les clubs attendent désormais des réponses concrètes. Car derrière ces dossiers qui s'empilent sur les bureaux, ce sont des centaines de dirigeants bénévoles, d'entraîneurs, d'arbitres et de jeunes licenciés qui subissent les conséquences d'un immobilisme administratif devenu difficile à comprendre.
Le football gabonais a besoin de règles, certes, mais il a surtout besoin d'une administration qui inspire confiance, rassure les acteurs et accompagne le développement du sport plutôt que de donner le sentiment que chaque procédure est devenue un parcours d'obstacles.

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