Gabon: Landry Chauvin, le choix du projet plutôt que celui du prestige

Par/Fabrice Guitrie

Le temps presse pour le football gabonais. À quelques mois seulement des prochaines échéances internationales, le pays ne peut plus se permettre d'hésiter. Après l'indisponibilité d'Anthony Da Silva, un autre profil mérite aujourd'hui toute l'attention des décideurs. Landry Chauvin. Le ministre a lui-même dit vouloir la culture des performances, victoires, identité.

Moins médiatique que certains techniciens aux noms ronflants, l'entraîneur français possède pourtant ce qui manque souvent aux sélections africaines en reconstruction, une véritable culture du projet sportif sur trois à cinq ans voire plus.

Pendant plus de quinze années, Landry Chauvin a participé à l'un des plus grands succès de la formation française au sein du centre de formation du Stade Rennais. Sous sa responsabilité ou avec son accompagnement, plusieurs générations de joueurs ont émergé au plus haut niveau. Son travail lui a notamment permis de remporter la Coupe Gambardella ainsi que plusieurs titres nationaux avec les équipes de réserve du club breton.

Sa réputation ne s'est pas construite sur des déclarations ou un carnet d'adresses prestigieux, mais sur sa capacité à développer des joueurs, bâtir des groupes compétitifs et instaurer une méthodologie de travail durable. Brest, Nantes il a toujours fait un travail formidable.

Lorsque Sedan lui confie son équipe première en Ligue 2, il réussit à redonner de l'ambition à un club qui retrouve progressivement sa compétitivité. Son travail est suffisamment remarqué pour lui ouvrir ensuite les portes du FC Nantes puis du Stade Brestois.

Mais réduire Landry Chauvin à ses passages sur les bancs professionnels serait une erreur. Sa véritable force réside dans sa vision globale du football. Directeur de centre de formation, directeur d'académie, formateur d'entraîneurs et aujourd'hui technicien reconnu au sein de la Fédération Française de Football, il a consacré l'essentiel de sa carrière à construire plutôt qu'à gérer l'existant.

C'est précisément ce dont le Gabon a besoin. Depuis plusieurs années, le football national navigue au gré des urgences, des décisions improvisées et des choix dictés davantage par l'image que par la cohérence sportive. Le résultat est connu de tous, une élimination humiliante lors de la dernière Coupe d'Afrique des Nations au Maroc, certainement l'une des pages les plus embarrassantes de l'histoire récente des Panthères.

Aujourd'hui, la question qui se pose au ministre des Sports et à ses collaborateurs est simple. Veulent-ils un nom ou un projet ? Chauvin faisant partie de la liste restreinte que la Fégafoot a envoyé pause quel problème réellement ?

Le prestige d'une carte de visite ne garantit ni les résultats ni la progression d'une sélection. En revanche, un technicien capable de structurer la détection, de valoriser les jeunes talents locaux, d'instaurer une identité de jeu et de construire sur plusieurs années représente une véritable opportunité.

Landry Chauvin appartient à cette catégorie d'entraîneurs bâtisseurs. Son parcours démontre une constante, partout où il est passé, il a mis l'accent sur l'organisation, le travail et la progression collective.

Septembre approche à grands pas. Le temps des expérimentations est terminé. Le Gabon doit désormais choisir la compétence, la méthode et la vision. Entre le nom et le projet, c'est le projet qui doit l'emporter.

Et dans cette logique, Landry Chauvin apparaît aujourd'hui comme l'un des profils les plus crédibles pour remettre les Panthères sur les rails et éviter au football gabonais une nouvelle sortie de route.

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