GABON-PRIMES DES U18 BASKET: LE SILENCE QUI GÊNE, L'INGRATITUDE QUI INTERROGE
Par/Fabrice Guitrie
Ils ont fait vibrer le Gabon. Ils ont porté haut les couleurs nationales sur les parquets de Malabo lors des éliminatoires de l'Afrobasket U18. Malgré une défaite en finale, ces jeunes basketteurs ont réalisé un parcours remarquable qui a suscité une vague de fierté à travers le pays. Accueillis en héros à leur retour, célébrés dans les discours et les cérémonies officielles, ils semblent pourtant aujourd'hui confrontés à une réalité beaucoup moins glorieuse. Celle du silence autour de leurs primes.
Depuis le 5 juin, et date de leur réception au pays, aucune communication officielle n'a été faite par le ministère des Sports concernant les récompenses financières promises ou attendues par ces jeunes ambassadeurs du sport gabonais. Plus de deux semaines après leur exploit, le dossier semble figé dans une incompréhensible attente. Sachant qu'ils avaient quitté le pays sans accompagnement du Ministère.
Dans les milieux sportifs, l'agacement grandit. Les interrogations se multiplient. Les observateurs dénoncent ce qu'ils considèrent comme une différence de traitement entre le football et les autres disciplines.
« Dès qu'il s'agit d'un sport autre que le football, les choses traînent toujours. C'est comme si les autres disciplines n'avaient pas la même valeur aux yeux des décideurs », confie un acteur du mouvement sportif, visiblement irrité par la situation.
Le constat est malheureusement récurrent. Lorsque les résultats proviennent du basketball, du handball, de l'athlétisme ou encore de la boxe, la reconnaissance institutionnelle semble souvent plus lente à se matérialiser. Pourtant, les sacrifices consentis par ces athlètes restent les mêmes. Les heures d'entraînement, les privations, l'engagement patriotique et la pression de la compétition internationale ne varient pas selon la discipline pratiquée.
Comment expliquer alors qu'une génération qui vient d'écrire l'une des plus belles pages récentes du basketball gabonais soit toujours dans l'attente d'une réponse claire de sa tutelle ? Cette absence de communication nourrit les frustrations et alimente les spéculations. Elle envoie surtout un signal préoccupant à une jeunesse sportive qui aspire à croire que l'excellence et le mérite sont récompensés.
Mais le ministère des Sports n'est pas le seul à être attendu sur ce dossier. Du côté de la Fédération Gabonaise de Basketball, le silence intrigue également. Alors que les familles des joueurs, les encadreurs et les amoureux de la balle orange espèrent des clarifications, la fédération demeure discrète et préfère faire dans la politique politicienne. Une posture qui suscite des interrogations sur sa capacité à défendre avec fermeté les intérêts de ses jeunes internationaux.
Les basketteurs U18 ont accompli leur mission. Ils ont honoré le drapeau gabonais avec courage et talent. Désormais, il appartient aux responsables administratifs et sportifs d'assumer leurs responsabilités. Car au-delà de la question des primes, c'est la considération accordée aux sportifs gabonais qui est en jeu.
Le sport national ne peut continuer à fonctionner à deux vitesses. Les performances doivent être célébrées avec la même énergie que celle déployée pour les discours de félicitations. Faute de quoi, les applaudissements du retour risquent de résonner comme une simple opération de communication, bien éloignée des réalités vécues par ceux qui ont porté l'espoir de tout un pays.

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