Panthères du Gabon: entre procès d'intention et réalité du terrain, qui construit vraiment le football gabonais ?

Par/Fabrice Guitrie

Depuis ce jour, certaines prises de position relayées par un média gabonais qui ne connait rien et ne comprend rien du sport tentent de jeter le doute sur le travail entrepris par le nouveau sélectionneur des Panthères du Gabon, Sébastien Bernard Henri Clément Migné, en s'appuyant sur les critiques de l'ancien international Valery Ondo Ebe peut-être responsable de cet article. Une sortie médiatique qui soulève une question essentielle. Doit-on juger un technicien sur son parcours et son expertise ou sur des procès d'intention ? Pourtant ils sont nombreux au pays ici qui ne proposent rien juste des contestataires sur les réseaux sociaux et dont le parcours ne peut se comparer à celui de Sébastien Bernard Henri Clément Migné.

Sébastien Migné n'est pas un entraîneur improvisé. Son parcours parle pour lui. Le technicien français possède une solide expérience du football africain, ayant dirigé plusieurs sélections nationales et clubs de haut niveau alors que les notre zéro expérience au pays pire à l'extérieur. Son travail s'est toujours distingué par une organisation rigoureuse, une vision tactique moderne et une volonté de structurer durablement les équipes qu'il encadre. Ce vécu international lui confère une crédibilité que peu de techniciens peuvent revendiquer. Pourquoi vouloir dépeindre quelqu'un qui n'a même pas encore commencé son véritable boulot ?

À l'inverse, les critiques formulées par Valery Ondo Ebe interrogent. Il est légitime de donner son avis sur le football, mais encore faut-il également démontrer, sur le terrain, une contribution concrète au développement de cette discipline. Depuis la fin de sa carrière de joueur, quelles formations d'entraîneurs a-t-il mises en place ? Quels tournois de jeunes a-t-il organisés qui a été un modèle pour les autres ? Quels projets structurants a-t-il portés pour faire progresser le football gabonais ? En tant que conseiller au ministère des sports ? Ces questions méritent d'être posées dans un débat qui se veut constructif.

Le football ne se développe pas uniquement à travers les critiques lancées sur les plateaux ou dans les médias sur les réseaux sociaux. Il se construit par des actions, des projets, de la formation, de l'encadrement et un engagement quotidien auprès des jeunes générations.

Il est tout aussi surprenant de voir certains médias reprendre ce type de déclarations sans véritable analyse contradictoire. Le rôle de la presse n'est pas de relayer mécaniquement une polémique, mais d'apporter des éléments de contexte, de confronter les points de vue et d'informer avec rigueur. Le débat sportif mérite mieux que des raccourcis ou des oppositions stériles.

Par ailleurs, il convient de rappeler que la Fédération Gabonaise de Football a récemment démontré sa capacité à gérer des situations sensibles. L'épisode des équipements des Panthères, qui aurait pu pénaliser la sélection nationale à l'approche de l'échéance finale de la CAN Marocaine, a finalement trouvé une issue grâce à la réactivité de la Fégafoot. À quelques mois du début des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations 2027, préserver la stabilité de la sélection était une nécessité.

Aujourd'hui, l'heure devrait être au rassemblement plutôt qu'à la division. Sébastien Migné n'a pas encore disputé le moindre match officiel à la tête des Panthères. Le minimum de respect envers son parcours consiste à lui laisser le temps de mettre en œuvre son projet avant de prononcer un verdict.

Le football gabonais a besoin de débats d'idées, certes, mais surtout de propositions, d'engagement et d'actions concrètes. Car ceux qui bâtissent l'avenir ne sont pas toujours ceux qui parlent le plus fort.

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