AFROBASKET U18 ABIDJAN 2026: Abattues mais pas vaincues, les jeunes Panthères griffent plus fort que les Lionceaux de l'Atlas (67-62)

Par/Fabrice Guitrie

​On les disait résignées. On les croyait brisées, la tête basse et l’orgueil en berne. Et franchement, qui aurait pu nous donner tort ? Après l'amertume d'une défaite inaugurale surprise face à Madagascar, puis le calvaire d'une humiliation cinglante subie contre l'armada malienne, le cœur des supporters gabonais n'était plus qu'un champ de ruines. À Abidjan, la messe semblait dite. La peur de sombrer définitivement guettait chaque amoureux du basket national, et patron du basketball le premier, la plume lourde d'une profonde déception.

Mais c’était sans compter sur ce supplément d’âme, ce brin de folie et cette fureur de vivre qui caractérisent la jeunesse gabonaise quand elle se sent acculée. ​La métamorphose des félins

​Ce soir, sur le parquet ivoirien, ce ne sont pas des victimes expiatoires qui sont entrées en scène. Non. C’est une véritable meute blessée, mais ivre de revanche, qui a foulé le terrain pour affronter les Lionceaux de l'Atlas. Dès les premières possessions, le regard des jeunes Panthères avait changé. Fini les hésitations fébriles, fini la peur de rater ! Place à une agressivité défensive retrouvée, une solidarité poignante et une faim de loup.

Le Maroc, venu en favori pour enfoncer un Gabon en crise, s'est heurté à un mur de détermination. Chaque rebond était une tranchée, chaque duel un combat pour l'honneur. Dans un match au couteau, d'une intensité dramatique à en donner des sueurs froides, nos jeunes U18 ont refusé de plier.

​Un coup de sifflet final aux allures de délivrance. Lorsque le panneau d'affichage s'est figé sur le score de 67 à 62, un frisson m'a traversé l'échine. La tribune de presse avec le journaliste de l'Union, d'ordinaire si neutre, a presque chaviré sous le poids de l'émotion. Quel soulagement ! Quelle incroyable leçon de caractère !

​« On nous croyait morts, mais une Panthère ne meurt jamais sans avoir tout donné. » ​Ce succès 67-62 n'est pas seulement une victoire sur la feuille de match. C'est un cri du cœur, un acte de renaissance. En dominant les Marocains au terme d'un final haletant, nos juniors ont prouvé qu'ils avaient des tripes et du sang royal dans les veines.

​Le chemin est encore long dans cet Afrobasket U18, et la route vers le sommet reste semée d'embûches. Mais ce soir, l'espoir est de retour. Les Panthères ont à nouveau des griffes, et elles viennent de rappeler à l'Afrique tout entière qu'il ne faut jamais enterrer un félin blessé. Respect, les jeunes !

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