Basketball-Entrée en stage de la présélection: les Panthères attendent désormais le soutien du ministère

Par/Fabrice Guitrie

À cinq semaines des éliminatoires de la FIBA AfroCan au Cameroun, les Panthères du Gabon n’ont plus de temps à perdre. Le sélectionneur national A, Johd Masnoudji, l’a bien compris. Avec la collaboration du président de la Fédération gabonaise de basketball, Willy Conrad Asseko, le technicien gabonais a décidé de prendre les devants en lançant suffisamment tôt la préparation de la sélection nationale.

Surpris vendredi au gymnase du lycée d’État de l’Estuaire, Johd Masnoudji était à la tâche avec ses joueurs. Pas de calcul, pas de discours inutile, du travail avec l'effectif sous sous ses épaules. Mais derrière cette volonté affichée de préparer sérieusement l’AfroCan se cache une attente devenue urgente. Le ministère des Sports doit maintenant accélérer et permettre aux Panthères de travailler dans des conditions dignes d’une équipe nationale. Un nouveau défi pour Tracy Minko et ses coéquipiers.

Masnoudji ouvre grand la porte à la nouvelle génération. Pour cette première phase, 22 joueurs locaux ont été convoqués. Un choix qui traduit clairement la philosophie du sélectionneur observer, évaluer, donner leur chance aux jeunes et surtout préparer l’avenir du basketball gabonais.

« Une nouvelle génération monte en puissance », constate Johd Masnoudji. Plusieurs joueurs âgés de 20 à 22 ans ont ainsi rejoint le groupe, tout comme trois éléments issus de la dernière sélection U18. Pour le sélectionneur, il ne s’agit pas simplement de remplir une liste. Il faut créer une véritable passerelle entre les catégories de jeunes et l’équipe nationale A.

Ces jeunes sont donc invités à apprendre auprès des joueurs plus expérimentés, à démontrer leurs qualités et à comprendre ce que représente le niveau international. Le Gabon ne peut plus se permettre de reconstruire son équipe nationale tous les quatre ans. La relève doit être préparée maintenant.

L’activité, premier juge de paix. Johd Masnoudji veut également sélectionner sur des critères sportifs. L’activité constitue donc un élément déterminant dans ses choix.

La réalité du basketball gabonais reste toutefois particulière. Certains joueurs sont confrontés à des obligations professionnelles, notamment ceux appartenant aux corps habillés. Le staff devra donc jongler entre disponibilité, niveau sportif, état de forme et capacité à répondre aux exigences du haut niveau. À terme, le groupe sera réduit à 16 joueurs, avant de retenir les 12 éléments qui défendront effectivement les couleurs du Gabon à l’AfroCan.

Une sélection qui devra également tenir compte du règlement de la compétition, lequel permet au Gabon de retenir deux joueurs évoluant dans l’hémisphère Nord. Une shortlist de cinq joueurs a déjà été établie pour permettre au staff de faire ses choix. Cinq matchs amicaux pour véritablement mesurer le niveau

Le travail ne devra pas s'arrêter aux entraînements. Le sélectionneur souhaite programmer cinq rencontres amicales au cours de la deuxième phase de préparation. Et c’est précisément ici que les moyens deviennent indispensables.

On ne prépare pas une équipe nationale uniquement avec de la bonne volonté. On ne prépare pas une compétition internationale avec des séances d’entraînement improvisées et des conditions approximatives. Les Panthères ont besoin d’oppositions. Elles ont besoin de rythme. Elles ont besoin de confrontations internationales.

Face à des adversaires comme le Cameroun, le Tchad, la République centrafricaine, la RDC ou encore le Congo-Brazzaville, le Gabon devra arriver prêt, physiquement, tactiquement et mentalement.

Monsieur le Ministre, c’est maintenant qu’il faut agir ! Le message de Johd Masnoudji est limpide. Le sélectionneur reconnaît les efforts déjà consentis par les autorités et par la Fédération gabonaise de basketball. Mais il demande désormais que cette dynamique soit amplifiée. Au ministre des Sports, Paul Kessany, de jouer pleinement sa partition.

Le souhait du staff est notamment de pouvoir bénéficier de matchs amicaux internationaux, mais aussi de conditions d’entraînement permettant aux joueurs de préparer la compétition dans un environnement professionnel. Et parmi les priorités figure le déplacement vers le gymnase de Nkok. Pourquoi attendre ?

À cinq semaines de l’échéance, chaque séance compte. Chaque journée perdue peut coûter cher. Le groupe doit pouvoir s’entraîner dans les meilleures conditions, mais également s’acclimater au site qui doit servir de cadre à une partie importante de sa préparation.

Si le ministère des Sports peut réagir rapidement, qu’il le fasse maintenant. Il ne s’agit pas de faire plaisir à Jhod Masnoudji. Il ne s’agit pas davantage de satisfaire une fédération ou un staff technique. Il s’agit des Panthères du Gabon. Il s’agit de l’image du pays.

Les U18 doivent servir d’avertissement. L’intégration de trois joueurs issus de la dernière sélection U18 donne également une autre dimension à cette préparation. Les insuffisances observées chez les jeunes doivent interpeller l’ensemble du mouvement sportif. Si les U18 constituent le réservoir de demain, alors leur formation ne peut être traitée comme une simple étape administrative.

Le Gabon doit créer une véritable chaîne de performance formation, compétition régulière, détection, accompagnement, équipe nationale et haut niveau. Les jeunes qui arrivent aujourd’hui chez les A doivent être préparés à y rester demain. Le Gabon doit choisir entre l’ambition et l’improvisation

Johd Masnoudji a lancé son chantier. Il élargit le groupe, observe la jeunesse, travaille sur la relève et cherche déjà les meilleures combinaisons possibles. Mais un sélectionneur, aussi compétent soit-il, ne peut pas tout faire seul. La Fédération doit accompagner. Le ministère doit accompagner. Les pouvoirs publics doivent accompagner. Les partenaires privés doivent également comprendre qu’investir dans les Panthères, c’est investir dans l’image du Gabon.

Le compte à rebours est lancé. Cinq semaines. Cinq semaines pour préparer une équipe capable de rivaliser avec les meilleures nations de la sous-région. Cinq semaines pour donner aux joueurs les moyens de leurs ambitions. Cinq semaines pour éviter les éternels regrets du genre, « Si nous avions eu plus de temps, plus de matchs ou de meilleures conditions… »

Cette fois, le Gabon sait ce qu’il doit faire. Les Panthères sont déjà au travail. Au ministère des Sports de répondre présent. Rapidement. Maintenant.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Handball-Crise à Kigali: Oligui Nguema ordonne le retour de la délégation gabonaise

Football gabonais: la justice tranche et met fin au “bureau bis” de l’USB

FÉGAFOOT: une liste unique validée, la Commission électorale tranche définitivement