Ladies Cup 2026: AS Unisport conserve sa couronne et confirme que le talent féminin ne demande qu’à éclore

Par/Fabrice Guitrie

Il y a des compétitions qui se terminent avec un simple palmarès. Et puis il y a celles qui laissent derrière elles une conviction. La 3ᵉ édition de la Ladies Cup 2026 appartient incontestablement à la seconde catégorie. Unisport a décroché le titre de champion 2026 au stade Monedan avec son attaquante Ruth en feu une fois de plus.

Au stade Augustin Monedan, la grande finale a tenu toutes ses promesses. Au terme d’une rencontre disputée, engagée et indécise, AS Unisport a conservé son titre en venant à bout de son adversaire aux tirs au but, 4-1, après un score de parité 1-1 au terme du temps réglementaire malgré une Elvina Ntongone qui a été excellente avec sa formation les salariées.

Une nouvelle consécration pour la formation dirigée par le coach Lakibi, qui confirme ainsi sa maîtrise d’une compétition devenue, en l’espace de trois éditions seulement, un rendez-vous important pour le football féminin amateur. Mais réduire cette finale à un simple trophée serait passer à côté de l’essentiel. Ruth élue femme du match comme toujours était au service de l'équipe.

Deux semaines pour rappeler une évidence, le talent est bien là. Lancée le 14 août 2026 par Gervais Bekalet, Christian Keurtys Aboghe et l’ensemble de leur équipe, la Ladies Cup aura vécu durant deux semaines au rythme du football féminin.

Deux semaines durant lesquelles les jeunes joueuses U20 ont pu se mesurer à des footballeuses plus expérimentées. Deux semaines durant lesquelles certaines anciennes ont retrouvé les pelouses, les sensations de la compétition et surtout cette joie indescriptible de jouer au football.

Et c’est peut-être là le véritable succès de cette édition. Car, rencontre après rencontre, une évidence s'est imposée, ces filles ont du talent. Beaucoup de talent. Elles ont de l’envie, du caractère, de la technique et cette capacité à produire du spectacle dès lors qu’on leur offre simplement un terrain et un minimum de cadre.

Alors posons-nous franchement la question, que pourraient-elles faire si elles bénéficiaient de véritables conditions de travail, d’un championnat régulier, d’un accompagnement technique sérieux et d’une meilleure organisation ? La réponse, nous l’avons déjà sous les yeux. Un dernier carré qui avait fière allure Les Immatures, Les Salariés, Les Lucioles et AS Unisport ont réussi à décrocher leur place dans le dernier carré. Lucioles vainqueur de la petite finale les filles du coach Eya ont été excellentes.

Des équipes différentes dans leurs styles, mais animées par la même volonté jouer, progresser et défendre avec fierté les couleurs de leurs formations. Au bout du chemin, AS Unisport aura encore été la plus forte. Comme lors de la précédente édition, elle repart avec le trophée. Une performance qui mérite d’être saluée, mais qui doit également servir de point de départ à une réflexion plus large sur la progression de nos clubs féminins.

Parce qu’un football féminin ne peut pas reposer uniquement sur quelques tournois ponctuels. Il faut des compétitions régulières. Il faut des infrastructures. Il faut de la formation. Il faut des encadreurs. Il faut surtout une véritable politique de développement.

L’arbitrage, l’ombre au tableau

S’il faut saluer l’initiative et les efforts consentis par les organisateurs, impossible pour le journaliste de fermer les yeux sur le principal bémol de cette édition, l’arbitrage. Certaines décisions n’ont clairement pas été à la hauteur des enjeux et du niveau affiché par les joueuses.

Le cas le plus marquant reste cette décision controversée lors de la demi-finale opposant AS Unisport aux Immatures. Une erreur d’arbitrage qui a lourdement pénalisé les Immatures et qui, au regard du scénario de la rencontre, a pesé considérablement dans l’issue de la confrontation.

Soyons clairs critiquer l’arbitrage ne signifie pas condamner les arbitres. Cela signifie demander davantage de formation, d’accompagnement, de supervision et de professionnalisme autour de ces compétitions. Les joueuses font des efforts. Les organisateurs se battent. Le public répond présent. L’arbitrage doit lui aussi être au niveau.

Et maintenant, que fait-on de tout ce talent ? C’est finalement la question la plus importante. La Ladies Cup s’achève, AS Unisport soulève encore le trophée, les joueuses vont regagner leurs différents clubs et, comme trop souvent, le risque est grand de voir retomber cette belle dynamique.

Ce serait une erreur. Car derrière ces matchs, ces buts, ces émotions et ces séances de tirs au but, il y a une génération qui attend simplement qu’on lui donne une véritable chance. Le football féminin gabonais n’est pas pauvre en talents. Il est pauvre en opportunités.

La nuance est fondamentale. Ces jeunes filles ne demandent pas l’impossible. Elles demandent à jouer régulièrement. Elles demandent à être encadrées. Elles demandent des terrains praticables, des compétitions structurées et la possibilité de progresser. La Ladies Cup vient une nouvelle fois de démontrer que lorsqu’on ouvre la porte, elles répondent présentes.

Alors, plutôt que de ranger cette troisième édition dans les archives, faisons-en un signal d’alarme et surtout un signal d’espoir. AS Unisport conserve son titre. Mais le véritable vainqueur de cette Ladies Cup pourrait être tout le football féminin gabonais, à condition que nous ayons enfin le courage de prendre ce talent au sérieux.

Le talent est là. La passion est là. Les joueuses sont là. Il ne manque plus qu’une chose : leur donner les moyens de nous montrer jusqu’où elles peuvent aller.

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