Éliminatoires CAN 2027-Groupe A : Les Panthères discréditées par une frange de Gabonais inconscients
Par/Fabrice Guitrie
Alors que le groupe convoqué par Sébastien Bernard Henri Clément Migné se trouve à Rabat pour lancer la campagne des éliminatoires de la CAN 2027, prévue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, une frange de Gabonais semble avoir choisi un autre terrain de jeu, celui du dénigrement de la sélection nationale.
À quelques heures de cette importante échéance face au Maroc, certains anciens footballeurs et autres voix du football gabonais multiplient les critiques contre les joueurs convoqués, allant parfois jusqu'à souhaiter ouvertement leur échec. Une attitude qui interroge, tant la sélection nationale devrait, au-delà des divergences et des sensibilités, rester un espace de rassemblement.
Comment des compatriotes peuvent-ils nourrir une telle animosité envers de jeunes joueurs qui n'ont demandé à remplacer personne ? Une sélection nationale est un carrefour à sens giratoire. Certains arrivent, d'autres partent. Les générations se succèdent et les choix des sélectionneurs évoluent. C'est la loi du football.
Ces jeunes Panthères ne sont pas responsables des choix opérés par le staff technique. Ils portent simplement le maillot national et ont besoin, à ce moment précis, du soutien de leur peuple. Cette équipe est certes encore loin de présenter la puissance collective des générations de 2012, 2015 ou 2021, mais elle mérite au moins le temps, l'accompagnement et l'unité nécessaires pour construire quelque chose sachant que notre championnat ne produit pas et que le Gabon n'a pas assez des joueurs au top des clubs européens.
On peut être ancien international, avoir porté le maillot des Panthères et continuer à exprimer des désaccords. C'est même légitime. Mais jusqu'où peut-on aller lorsqu'il s'agit de la sélection nationale ? Peut-on réellement souhaiter la défaite de jeunes compatriotes simplement parce qu'ils ne font pas partie du staff ou parce que certains choix sportifs ne correspondent pas à ses attentes ?
L'histoire récente du football gabonais devrait pourtant nous servir de leçon. En 2017, à la veille de la CAN organisée au Gabon, le maillot des Panthères avait été symboliquement cadenassé au Cap Estérias par des réfractaires au pouvoir d'Ali Bongo Ondimba, dans un contexte politique particulièrement tendu après sa réélection contestée. Quelques mois plus tard, les Panthères quittaient prématurément leur propre CAN dès le premier tour.
Faut-il aujourd'hui reproduire les mêmes erreurs en mêlant rancœurs personnelles, querelles d'intérêts et football national ?
Le Gabon n'a pas besoin d'une sélection nationale transformée en champ de bataille entre anciens et nouveaux, entre clans et générations. Après la fenêtre FIFA, chacun pourra reprendre ses critiques, analyser les choix du sélectionneur et débattre du niveau de l'équipe. Mais face au Maroc, le maillot devrait passer avant les querelles.
Les Panthères sont à Rabat. Elles vont défendre les couleurs du Gabon. Elles ne demandent pas qu'on leur garantisse la victoire. Elles demandent simplement qu'on leur laisse la possibilité de se battre.
Car souhaiter l'échec de sa propre sélection, c'est finalement prendre le risque de discréditer ceux qui portent le maillot que nous sommes tous censés défendre. Sont-ils réellement gabonais ? Où des individus ayant acquis la nationalité pour des raisons électorales à l'époque où kounabelisme aux anciens politiques d'Omar Bongo...


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