MINISTÈRE DES SPORTS-FEGAFOOT: LES AGRÉMENTS TECHNIQUES, L’IMBROGLIO QUI MENACE LE FOOTBALL GABONAIS

Par/Fabrice Guitrie

La situation autour de la Fédération Gabonaise de Football (FÉGAFOOT) et de ses affiliés continue de soulever de nombreuses interrogations. Au cœur de cette crise, la question des agréments techniques, indispensables à la régularité juridique des structures sportives et à leur participation aux compétitions officielles. Une élection suspendue, une régularisation toujours attendue.

Le ministre gabonais des Sports avait décidé de suspendre le processus électoral de la Fégafoot, estimant que plusieurs délégués appelés à prendre part au congrès fédéral, notamment les ligues provinciales, les clubs et les associations affiliées ne présentaient pas une situation administrative régulière.
En cause, l'absence d'agréments techniques délivrés par le ministère des Sports.

Face à cette situation, la FIFA et la CAF ont dépêché une mission au Gabon afin de comprendre les tenants et aboutissants du différend opposant le ministère et la Fédération. Lors de leur rencontre avec le ministre des Sports, les représentants des deux instances continentale et mondiale ont reçu les explications de la partie gouvernementale. À l’issue de cette mission, une recommandation aurait été formulée. Le ministère et la Fégafoot doivent œuvrer à la régularisation des délégués du congrès avant décembre 2026. Mais plusieurs mois après, le problème demeure entier.

Agréments techniques, le grand silence
À ce jour, la situation interpelle, aucun club, aucune ligue provinciale et aucune association concernée ne disposerait de l’agrément technique lui permettant d’exercer pleinement dans le cadre des activités sportives officielles. La ligue de football de l'Estuaire déjà dans les préparatifs de sa saison se trouve dans le noir du ministère des sports. Une situation pour le moins paradoxale lorsqu'on sait que le football gabonais continue de fonctionner, d'organiser des compétitions et de représenter le pays sur la scène internationale.

Dès lors, une question s’impose. Sur quelle base administrative et juridique ces structures évoluent-elles actuellement ?
Mangasport, le cas qui interpelle. Le dossier de l’AS Mangasport apparaît aujourd’hui comme l’un des exemples les plus sensibles de cette situation. Le club de Moanda (AS Mangasport), engagé dans les éliminatoires de la Ligue des champions africaine, aurait été inscrit par la Fégafoot alors même que sa situation administrative fait partie des dossiers concernés par la régularisation.

La question devient donc incontournable, sur quelle base juridique la Fégafoot a-t-elle procédé à l’engagement de Mangasport auprès de la CAF ? Et surtout, le club ne risque-t-il pas de subir les conséquences d’une éventuelle irrégularité administrative ? Si le rapport de la Task Force chargée de la régularisation des délégués du congrès de la Fédération n’a toujours pas été transmis ou validé concernant Mangasport, la menace d’une contestation, voire d’une disqualification, peut-elle être totalement écartée ? Ce serait évidemment un scénario catastrophique pour le football gabonais et particulièrement pour un club qui défend actuellement les couleurs du pays sur la scène africaine.

Pourquoi les fédérations, mais pas les clubs ?
Autre élément qui nourrit l’incompréhension, la décision du ministre des Sports de signer, en l’espace de quelques jours, les agréments techniques des fédérations nationales. Cette accélération faisait suite à la menace d’une éventuelle suspension du Gabon par le Comité international olympique (CIO) et devait permettre la tenue de l’Assemblée générale du Comité national olympique gabonais.
Une décision nécessaire pour débloquer la situation olympique.

Mais dès lors, une nouvelle interrogation surgit, pourquoi ne pas appliquer la même logique aux clubs et aux ligues provinciales ?
Si l’urgence a justifié la signature des agréments des fédérations nationales, l’engagement de Mangasport dans une compétition africaine ne constitue-t-il pas, lui aussi, une situation d’urgence ?
Mangasport ne doit pas payer le prix d’un blocage administratif. L’enjeu dépasse désormais le simple bras de fer administratif entre le ministère des Sports et la Fégafoot.

Derrière les documents, les signatures et les procédures, il y a un club engagé dans une compétition continentale, des joueurs, un encadrement technique et surtout l’image du Gabon sur la scène africaine. Il serait donc judicieux que le ministère des Sports se penche rapidement sur le cas de Mangasport et lui délivre son agrément technique, si toutes les conditions sont réunies. Cela permettrait de sécuriser juridiquement la participation du club et d’éviter que le représentant gabonais ne soit fragilisé par une situation administrative qui dépasse largement le terrain.

Quant aux dossiers des autres clubs et des ligues provinciales, la question reste entière,  combien de temps encore devront-ils attendre dans les tiroirs du ministère ?
Le football gabonais a besoin de clarté, de cohérence et surtout de décisions. Car à force de laisser s’enliser le dossier des agréments techniques, c’est tout l’édifice du football national qui risque de se retrouver dans une zone grise.

Commentaires

  1. Malheureusement, il n'y a pas que le foot et ses ligues et ses clubs qui galère. D'un avis général, la lenteur administrative touche toutes les disciplines. Pourtant avec un guichet unique ! !!

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