Gabon-LINAFP: Brice Mbika Ndjambou ne peut pas faire une fuite en avant sans explications !
Par/Fabrice Guitrie
Le football gabonais est-il définitivement condamné à vivre au rythme des annonces sans lendemain, des décisions contradictoires et des interminables querelles institutionnelles ? Après avoir annoncé la reprise des championnats nationaux de football de première et deuxième divisions, le président de la Ligue nationale de football professionnel (LINAFP), Brice Mbika Ndjambou, vient de faire machine arrière. Un rétropédalage qui soulève de nombreuses interrogations et qui mérite bien plus qu'une simple communication administrative.
Comment comprendre qu'une institution chargée d'organiser le football professionnel puisse annoncer officiellement une date de reprise, assortie d'un calendrier, avant de reconnaître son incapacité à tenir cet engagement ? Que s'est-il réellement passé entre l'annonce initiale et ce brusque changement de cap ? Qui bloque véritablement la reprise des compétitions ?
Brice Mbika Ndjambou ne peut pas se contenter d'un silence embarrassant ou se réfugier derrière les conflits institutionnels. Il doit impérativement tenir une conférence de presse pour expliquer, clairement et sans détour, aux Gabonais les véritables raisons de ce qui ressemblerait à un désordre qui n'a que trop duré.
Car les Gabonais ne sont pas de simples spectateurs de cette comédie administrative. Ils sont à la fois des contribuables et électeurs du Président de la République, passionnés de football et électeurs du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Ils sont donc en droit d'exiger des explications claires, précises et sans langue de bois sur la gestion d'un secteur qui engage l'image et les ambitions sportives du pays.
Un calendrier annoncé, puis abandonné : qui se moque de qui ?
La LINAFP avait pourtant annoncé une date de reprise et présenté un calendrier. Une démarche qui laisse logiquement supposer que le ministère des Sports était informé des dispositions envisagées. D'autant que la Ligue, confrontée à de sérieuses difficultés financières est financièrement un pauvre ruiné, ne saurait raisonnablement engager la reprise des championnats sans garanties suffisantes.
Pourquoi alors ce revirement spectaculaire ? Le ministère avait-il donné son accord ? Les financements étaient-ils garantis ? La LINAFP a-t-elle agi précipitamment ou fait-elle aujourd'hui les frais d'un désaccord institutionnel ?
Et pourquoi faut-il attendre les derniers jours précédant la reprise annoncée pour voir le ministère des Sports sortir de son chapeau une task force, présentée comme une étape préalable à la relance des compétitions ?
À quoi joue-t-on exactement ? À sauver le football gabonais ou à organiser méthodiquement sa paralysie ?
Pendant que les institutions se renvoient les responsabilités, les clubs sont dans l'incertitude, les dirigeants désabusés et les footballeurs privés de compétition. Voilà le triste spectacle offert par un pays qui prétend pourtant vouloir reconstruire son football.
Le comble de l'absurdité reste cette facilité avec laquelle certains s'attaquent au sélectionneur national lorsqu'il ne convoque pas suffisamment de joueurs évoluant au Gabon. Mais comment exiger d'un sélectionneur qu'il s'appuie sur des footballeurs locaux lorsque les championnats censés les révéler et les maintenir en compétition ne se jouent pas régulièrement ?
On ne peut pas tuer la compétition nationale et reprocher ensuite au sélectionneur de ne pas faire confiance aux joueurs locaux !
Et la vision sportive du président Oligui Nguema dans tout cela ?
Cette situation pose désormais une question éminemment politique. Quelle est véritablement la vision sportive portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema ? Connu pour sa passion du football, notamment pour le FC Barcelone, le chef de l'État peut-il rester indifférent à la dégradation persistante de l'organisation du sport national ?
Il serait excessif de lui attribuer personnellement la responsabilité de tous les dysfonctionnements. Mais il serait tout aussi difficile de dédouaner totalement le sommet de l'État lorsque les institutions placées sous son autorité peinent à garantir l'organisation régulière des compétitions nationales.
Le Gabon ne manque ni de talents, ni de passionnés, ni de dirigeants capables de faire avancer son football. Ce qui semble cruellement manquer aujourd'hui, c'est une cohérence dans les décisions, une volonté institutionnelle commune et une véritable obligation de rendre des comptes.
Brice Mbika Ndjambou est donc attendu sur la question. En sa qualité de président de la LINAFP, il doit sortir de sa réserve, prendre ses responsabilités et dire aux Gabonais ce qui empêche réellement le démarrage des championnats. Le ministère des Sports doit également assumer sa part de responsabilité et expliquer les raisons de ses interventions successives dans un processus qui aurait dû être anticipé depuis plusieurs mois.
Le football gabonais n'a plus besoin de communiqués contradictoires, de réunions interminables ou de promesses sans lendemain. Il a besoin de championnats, de décisions responsables et surtout de vérité.
Car à force de vouloir gagner du temps, certains responsables risquent surtout de faire perdre définitivement au football gabonais ce qu'il lui reste de crédibilité. Brice Mbika Ndjambou, les Gabonais attendent vos explications. Le silence n'est plus une option !

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