Panthères du Gabon: les cinq questions qui dérangent !

Par/Fabrice Guitrie

À chaque nouvelle campagne internationale, les mêmes espoirs renaissent, les mêmes discours rassurants refont surface et les mêmes interrogations restent sans réponses. Malgré les changements d'entraîneurs, les promesses de reconstruction et les ambitions affichées, les Panthères du Gabon peinent à convaincre sur la durée et l'image ressemble plus à un frein politique. Derrière les résultats sportifs se cache une réalité plus préoccupante, celle d'une sélection nationale dont l'avenir mérite un véritable débat de fond. Un championnat national mal organisé, beaucoup plus sucré pour les bureaucrates que les acteurs du terrain. Cinq questions dérangent aujourd'hui, mais elles doivent être posées.

Qui dirige réellement les Panthères du Gabon ?

Entre le ministère des Sports, la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), les mains noires qui font convoquer des joueurs de bas niveau et l'encadrement technique, les responsabilités semblent parfois difficiles à identifier. Qui définit véritablement la politique sportive de la sélection nationale ? Les ministres qui habitent dans les vestiaires des joueurs pour se donner de l'importance inutile. Qui fixe les objectifs et qui doit rendre des comptes lorsque les résultats ne suivent pas ? Une équipe nationale ne peut progresser durablement sans une autorité clairement établie et une répartition précise des responsabilités.

Le sélectionneur dispose-t-il réellement des moyens de ses ambitions ?

Nommé à la tête des Panthères, Sébastien Migné porte désormais la responsabilité des performances sportives. Mais au-delà de ses compétences, dispose-t-il des conditions nécessaires pour bâtir une équipe compétitive ? Préparation, matchs amicaux, suivi des internationaux, observation des joueurs locaux et stabilité du groupe constituent autant d'exigences indispensables. Les deux premiers matchs l'impression qui s'est dégagé est qu'il a fait avec un groupe dont plusieurs joueurs lui ont été proposés. Peut-on raisonnablement réclamer des résultats à un technicien sans lui garantir un environnement professionnel à la hauteur des ambitions nationales ?

Pourquoi le championnat national reste-t-il le grand oublié ?

Comment prétendre construire une sélection nationale forte lorsque son championnat domestique évolue dans une incertitude permanente ? Les difficultés d'organisation du National Foot 1 et 2 fragilisent directement le développement des joueurs locaux mais les combats spirituels prennent le dessus, les bagarres vouloir faire remplacer x pour y facilement manipulable. Sans compétition régulière, comment détecter les talents, maintenir leur niveau physique et préparer la relève ? Le football gabonais ne peut éternellement dépendre des seuls expatriés tout en négligeant ceux qui évoluent sur son territoire.

Où est passée la relève des Panthères ?

La question du renouvellement générationnel devient incontournable. Depuis plusieurs années, le football gabonais peine à installer une véritable continuité entre les sélections de jeunes et l'équipe nationale A. Les ligues et sous ligues ne reçoivent de l'État aucune aide au développement du football, les clubs se débrouillent. Que deviennent les talents issus des catégories U17, U20 et U23 ? Existe-t-il un programme cohérent de détection, de formation et d'accompagnement ? À l'exception du travail de la Fégafoot. Sans politique structurée, les Panthères risquent de continuer à fonctionner dans l'urgence, au gré des générations et des individualités.

Qui assumera les responsabilités en cas de nouvel échec ?

C'est probablement la question la plus embarrassante. Dans le football gabonais, les contre-performances débouchent régulièrement sur des critiques visant les joueurs, le président de la Fédération Gabonaise de Football ou le sélectionneur. Mais les dirigeants qui prennent les décisions stratégiques sont-ils soumis à la même exigence de résultats ? Quel bilan peut-on dresser des moyens engagés, des objectifs annoncés et des engagements pris ? La responsabilité sportive ne devrait pas s'arrêter au banc de touche.

Le temps des réponses a sonné

Les Panthères du Gabon ne manquent ni de potentiel ni de talents. Ce qui mérite désormais d'être interrogé, c'est la capacité des responsables à transformer ces ressources en un projet sportif cohérent, stable et ambitieux.

Le football moderne ne se construit pas uniquement avec des discours, des nominations ou des rassemblements ponctuels. Il exige une vision, une organisation, des investissements ciblés et surtout une obligation de résultats.

Car au fond, la véritable question n'est peut-être plus de savoir si les Panthères peuvent gagner, mais si ceux qui dirigent le football gabonais leur donnent réellement les moyens de gagner. Et sur ce point, les Gabonais sont en droit d'exiger des réponses.


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