Panthères handball: Mikael Taangahar, le pari de l’expertise dans un contexte contraint
Par/ Fabrice Guitrie
Le handball gabonais a désormais un nouveau visage sur son banc. La sélection nationale des Panthères a officialisé l’arrivée du technicien nigérian Mikael Taangahar, un entraîneur chevronné dont la réputation dépasse les frontières de son pays a confié la Fégahand. Passé par plusieurs clubs et sélections, notamment le Mouloudia Handball Club du Maroc et la sélection nationale du Nigeria, Taangahar incarne aujourd’hui un choix stratégique dicté à la fois par l’urgence sportive et les réalités structurelles du sport gabonais.
Cette nomination intervient dans un contexte particulier. À l’origine, le Gabon avait misé sur le partenariat Gabon–Maroc en matière de sport, une option pragmatique visant à s’attacher les services du technicien marocain Nouredinne Bouhaddioui, tout en bénéficiant des installations et de la logistique mises gracieusement à disposition par le Royaume chérifien. Une opportunité précieuse pour une discipline en quête de stabilité et de compétitivité. Mais le manque de réactivité de la tutelle, principal propriétaire de l’équipe nationale, a fini par désenchanter le coach marocain, mettant un terme prématuré à cette première programmation.
Face à cette difficulté, la Fédération s’est tournée vers une alternative déjà explorée quelques mois auparavant. Mikael Taangahar, alors en fonction au Bénin comme consultant auprès du ministère des Sports, a été relancé. Grâce à la collaboration des autorités sportives béninoises, le technicien nigérian a été mis à la disposition du Gabon. Une solution rapide, réaliste et adaptée à un environnement budgétaire contraint.
Il faut rappeler que le Gabon ne dispose pas, à ce jour, d’entraîneur titulaire de la licence A IHF, et que le modèle actuel repose sur une prise en charge des techniciens par le ministère des Sports, après consultation de la Fédération. L’État gabonais ne disposant plus d’une ligne budgétaire permettant de supporter un contrat à long terme avec un technicien expatrié, le choix s’est naturellement orienté vers un profil capable de s’adapter à ces contraintes.
Dans ce contexte, Mikael Taangahar apparaît comme l’un des techniciens les moins exigeants, mais surtout comme un homme qui connaît parfaitement le handball gabonais et ses acteurs majeurs. Cette connaissance du terrain, des réalités locales et des ressources humaines disponibles constitue un atout majeur pour une prise de fonction tardive, souvent synonyme de risques. Le temps réduit pour connaître le groupe, imposer une méthode et insuffler une dynamique nouvelle reste un défi réel. Mais c’est précisément là que l’expérience et la pédagogie du technicien nigérian sont attendues.
Homme de valeurs, Taangahar est reconnu pour son sens de la discipline, sa rigueur tactique et sa capacité à travailler dans des environnements complexes. Autant de qualités jugées indispensables pour redonner une identité claire aux Panthères et optimiser un potentiel parfois freiné par des contingences extra-sportives.
Pour Sylvain Miloko, vice-président de la Fédération gabonaise de handball et mandataire du président fédéral, ce recrutement est loin d’être un choix par défaut. Il estime au contraire qu’il s’agit d’« une bonne affaire », un compromis intelligent entre compétence, expérience et adaptation au contexte national. À ses yeux, Taangahar offre au Gabon une chance de structurer son handball de haut niveau sans se couper des réalités économiques du moment.
Reste désormais à transformer ce pari en résultats. Entre opportunités à saisir et risques liés à une arrivée tardive, Mikael Taangahar est attendu sur un chantier délicat mais pas impossible. À condition que les acteurs institutionnels jouent pleinement leur rôle, le handball gabonais pourrait bien trouver, dans cette nomination, un nouvel élan.

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