Sports-Auditions, commissions et confusion publique : quand l’opinion devance la procédure
Par/Fabrice Guitrie
Dans un contexte où l’émotion et la communication instantanée prennent souvent le pas sur la rigueur institutionnelle, il devient nécessaire de rappeler une évidence juridique et administrative, une audition n’est ni un verdict, ni une absolution. Elle constitue une étape, un outil d’enquête, rien de plus. Donc personne n'est blanchit jusqu'ici ce ne sont que des auditions.
Une commission d’audition ou d’enquête ne rend pas de jugement. Elle auditionne, collecte, croise et analyse des éléments factuels afin d’éclairer une situation donnée. Sa mission est strictement encadrée, produire un rapport argumenté, fondé sur des faits, qui sera ensuite transmis aux institutions compétentes, notamment la Cour des comptes et ou le parquet, seules habilitées à apprécier les responsabilités, administratives ou pénales.
Dès lors, comment expliquer que, sitôt sorti d’une audition, certains se proclament « blanchis » ou « indemnes de tout soupçon » ? Même dans le cadre d’une audition au commissariat, nul ne peut, à lui seul, tirer une telle conclusion. L’audition n’est qu’un moment de recueil de déclarations. Elle ne préjuge ni de l’issue de la procédure, ni de l’analyse finale des faits. Seul le rapport d’enquête, une fois rédigé et validé, permet d’orienter la suite du dossier.
Le plus troublant reste que, dans bien des cas, le rapport d’audition n’est même pas encore disponible, que les vérifications ne sont pas achevées et que l’avis final n’a pas été formulé. Pourtant, l’espace public est déjà saturé de déclarations péremptoires, de communiqués de défense anticipée et de lectures orientées, comme si la procédure devait s’aligner sur la communication.
Cette confusion entretenue entre audition et décision fragilise les institutions et trompe l’opinion. Elle installe l’idée dangereuse que la simple comparution suffit à solder un dossier, alors que la crédibilité d’une enquête repose justement sur le temps de l’analyse, la confrontation des versions et l’examen minutieux des pièces.
Dans un État qui se veut sérieux et respectueux des règles, la présomption d’innocence doit s’appliquer sans être instrumentalisée, et la présomption de culpabilité ne doit pas être remplacée par une présomption d’innocence autoproclamée. La vérité administrative et judiciaire ne se décrète pas à la sortie d’une audition : elle se construit, étape après étape, dans le silence du travail technique et la rigueur des procédures.
Plus que jamais, il importe de laisser les commissions faire leur travail, aux juridictions le soin de trancher, et à l’opinion publique le devoir de patience. Toute autre posture relève moins de la justice que de la mise en scène.

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