Derrière le silence, la tempête : Pourquoi l'unité des Panthernautes a volé en éclats.
Entre soupçons et désillusion : Les Panthernautes à l'heure du grand déchirement
Par/Fabrice Guitrie
Pendant plus d’un an, ce n’était qu’un poison lent. Un malaise qui rampait dans l’ombre, nourri de non-dits, de regards fuyants et de murmures étouffés sur les réseaux sociaux. Mais aujourd'hui, le vernis a craqué. Le départ de Cédric Kombila, vice-président de l’association, n’est pas une simple démission administrative, c’est un séisme qui laisse les supporters dans un mélange de stupeur et d’amertume. Joint au téléphone le président Inengué souhaite résoudre le malentendu avec son frère.
Le choc et l'incompréhension
Le couperet est tombé brutalement. En invoquant une « mauvaise gouvernance » et, plus grave encore, des soupçons de détournement de fonds, Cédric Kombila a jeté une pierre dans le jardin des Panthernautes. Mais le timing, lui, blesse la raison. Pourquoi briser le silence à seulement trois jours d’une Assemblée Générale Extraordinaire convoquée pour la circonstance ? Pourquoi saborder le navire au moment précis où la lumière allait enfin être faite ?
Dans les rangs, la perplexité se transforme en colère. Un détail, presque dérisoire, alimente la rancœur, le paiement récent de sa cotisation, juste avant de claquer la porte. « C'est un acte qui sonne faux », confie un membre, la voix teintée de déception. « On ne nourrit pas une main que l'on s'apprête à mordre. » Pour beaucoup, ce geste n’est plus un acte de devoir, mais un paradoxe troublant qui entache la sincérité de la démarche.
Une famille coupée en deux
Au cœur de cette crise, c’est le portrait d’une association défigurée par les ambitions qui se dessine. Le climat est devenu irrespirable entre deux camps que tout oppose désormais. Les gardiens du temple, fidèles au président Brice Inengué, et une aile frondeuse portée par l'ex-vice-président. Ce qui devait être une force collective s'est transformé en un champ de bataille pour le pouvoir.
Le témoignage d'un membre, recueilli sous le sceau du secret, fait froid dans le dos. Il raconte l'espoir brisé d'une jeunesse qu'on a fait taire, ces « anciens » qui auraient pesé de tout leur poids pour décourager les nouvelles vocations. « 99 % des jeunes ne voulaient plus du vice président», lâche-t-il avec une lassitude palpable. Derrière les écrans, sur des forums WhatsApp parallèles qu'il a mis en place en sourdine, la guerre psychologique a fait rage, créant des frontières invisibles là où il ne devrait y avoir que de la fraternité.
Le poison du soupçon
L’argent, ce grand diviseur, a fini par consumer le reste de confiance. Les rumeurs sur les primes du voyage de la CAN au Maroc ont agi comme un accélérateur de haine. Entre désinformation et manipulations supposées, le vice-président aurait-il été poussé à l'erreur par des voix malveillantes ? La question reste en suspens, mais le mal est fait, le doute s’est installé dans les esprits, plus tenace que la vérité elle-même.
Un esprit qui vacille
Aujourd’hui, les Panthernautes ne pleurent pas seulement un départ, ils pleurent leur unité perdue. Ce qui était un cri de ralliement, une ferveur sacrée derrière les Panthères, est devenu un tumulte de procès d'intention. La fatigue morale est immense.
La démission de Cédric Kombila est-elle le cri du cœur d'un homme de conviction ou l’acte final d’une stratégie de conquête qui a mal tourné ? Alors que la poussière peine à retomber, une seule certitude demeure, pour guérir, les Panthernautes devront retrouver ce supplément d'âme et cette transparence qui, autrefois, faisaient battre leur cœur à l'unisson.
La réponse est que depuis plus d’un an, le malaise grandissait à bas bruit. Des tensions feutrées, des incompréhensions persistantes, des murmures dans les couloirs et sur les téléphones. Pourtant, le bureau de l’association des Panthernautes est resté silencieux, comme figé face à une tempête qui s’annonçait. Aujourd’hui, la démission du vice-président Cédric Kombila agit comme un coup de tonnerre, révélant au grand jour des fractures longtemps contenues.
Le désormais ex-vice-président dénonce une « mauvaise gouvernance » et évoque même des soupçons de détournement de fonds. Une sortie fracassante qui interroge autant qu’elle trouble. Pourquoi maintenant ? Pourquoi 17 ans après une longue collaboration de l’association ? Et surtout, pourquoi trois jours seulement avant l’assemblée générale extraordinaire, ce moment institutionnel où la lumière aurait justement pu être faite ?
En interne, la démission ne surprend qu’à moitié. Car l’association vit depuis des mois sous le poids de deux tendances devenues difficilement conciliables. D’un côté, les fidèles au président Brice Inengué, attachés à la continuité et à la stabilité. De l’autre, un courant perçu comme plus contestataire, rassemblé autour de Cédric Kombila, dans un élan que plusieurs décrivent comme une volonté assumée de conquérir la présidence.
Image: AFG

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