Gabon-Formation sur l’usage responsable de l’IA: Nada Ziadi imprime sa marque à EM-GABON Université
Par/Fabrice Guitrie
Libreville a de nouveau vibré au rythme de l’intelligence artificielle. Ouverte mercredi 18 février, la formation consacrée à l’« Intelligence Artificielle, éthique et responsabilité éditoriale » s’est poursuivie ce jeudi de 9h à 15h à EM-GABON Université, au cours d’une session résolument pratique et dense. Aux commandes, la formatrice Nada Ziadi, dont l’approche directe et pédagogique a marqué les esprits.
Face à une audience attentive et avide de compétences nouvelles, l’experte n’a pas fait dans la demi-mesure. Exercices d’applications, démonstrations concrètes, mises en situation réelles, la journée s’est voulue immersive. Chaque journaliste présent a été mis à contribution, dans un esprit d’apprentissage actif. « Avec elle, personne n’échappe à la pratique », semblait être le mot d’ordre, tant l’interactivité a dominé les échanges.
L’un des messages forts de la session a porté sur la compréhension même de l’intelligence artificielle. Nada Ziadi a tenu à dissiper une confusion fréquente: ChatGPT n’est pas l’intelligence artificielle, mais un outil qui s’appuie sur elle. Une nuance essentielle pour des professionnels de l’information appelés à manipuler ces technologies avec rigueur et discernement.
Au cœur de son intervention, un principe fondamental, l’IA doit être perçue comme un levier, non comme un substitut. « On utilise l’intelligence artificielle pour gagner du temps, améliorer un contenu, accélérer un travail ou effectuer des recherches. Mais elle ne remplacera jamais l’être humain », a-t-elle insisté. Un rappel salutaire dans un contexte où l’automatisation suscite autant d’enthousiasme que d’inquiétudes.
La formatrice a également attiré l’attention sur les enjeux éducatifs et professionnels. Selon elle, l’IA doit avant tout servir les professionnels, tandis que les élèves et étudiants doivent être encadrés dans son usage. Objectif: éviter une dépendance précoce et préserver les capacités analytiques et rédactionnelles. « Le jour de l’examen, il n’y aura pas d’IA », a-t-elle souligné, plaidant pour une utilisation orientée vers la recherche et la compréhension, plutôt que la substitution du travail intellectuel.
Dans le domaine du journalisme, l’exigence est encore plus élevée. L’IA, a-t-elle expliqué, ne doit pas tout faire. Le journaliste demeure au centre du processus éditorial, garant de la contextualisation, de la vérification et de la touche personnelle. Une vision qui replace la responsabilité humaine au cœur de la production de l’information.
Les applications Gemini et ChatGPT ont constitué l’ossature technique de cette deuxième journée, servant de supports aux démonstrations et aux exercices. Au-delà de la maîtrise des outils, c’est une véritable réflexion sur l’éthique, la crédibilité et la lutte contre la désinformation qui a traversé les échanges.
À l’issue de la session, Nada Ziadi a salué la dynamique engagée par le RENAJI, encourageant le réseau à maintenir ce cap en matière de renforcement des compétences numériques. Elle n’a pas manqué de féliciter son président, Serge Aimé Boulingui, pour l’initiative et l’engagement en faveur des journalistes.
Formatrice en intelligence artificielle et en outils d’IA, Nada Ziadi collabore avec le CONIIA, Conseil International de l’Intelligence Artificielle ainsi qu’avec Human AI. Forte d’une solide expérience à travers plusieurs pays africains, elle accompagne les professionnels des médias dans l’intégration responsable et stratégique de l’IA. Son expertise couvre notamment l’IA appliquée au journalisme, l’usage éthique des technologies émergentes, la lutte contre la désinformation et le développement des compétences numériques.
À Libreville, son passage aura laissé une empreinte claire: l’intelligence artificielle peut transformer les pratiques journalistiques, à condition de rester un outil au service de l’intelligence humaine.


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