Stade Gaston Peyrille: chronique d’un abandon qui fait honte à Bitam

Par/Fabrice Guitrie

À trois semaines du lancement du championnat, le stade Gaston Peyrille offre un visage qui serre le cœur et interroge les consciences. Ce qui devrait être un lieu de fierté, de rassemblement et de ferveur populaire ressemble aujourd’hui à une enceinte laissée pour compte, comme oubliée des priorités, loin des discours officiels évoquant des travaux et une remise à niveau. 
Sur place, le constat est implacable. Les hautes herbes ont repris leurs droits autour et à l’intérieur de l’enceinte. Les tribunes, délavées par le temps et la pluie, portent les stigmates d’un long abandon. La peinture s’écaille, les murs sont noircis, et de nombreuses chaises sont cassées, arrachées ou tout simplement inexistantes. Les gradins donnent une impression de vétusté avancée, accentuée par la saleté et l’absence visible d’entretien régulier.

La pelouse elle-même, censée être le cœur battant du stade, présente une coupe irrégulière, par endroits trop haute, ailleurs presque rasée, comme si elle avait été entretenue sans méthode ni suivi technique. La toiture de certaines zones est endommagée, des éléments semblent démontés. À cela s’ajoutent de sérieux problèmes fonctionnels, absence d’électricité, manque d’eau, vestiaires très dégradés et jugés insalubres par plusieurs usagers. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer des rencontres officielles se tenir dans un cadre respectant les normes minimales de sécurité et de dignité.

Le malaise est tel que, selon des témoins, même des joueurs d’un club de D3, encadré par Babagida, auraient récemment renoncé à utiliser l’enceinte après avoir découvert l’état des lieux. Un geste fort, révélateur du niveau de dégradation et du découragement qui gagne les acteurs du football local. 

Cette réalité tranche avec un document ayant évoqué l’existence de travaux au stade. Beaucoup, à Bitam, peinent à faire le lien entre ces annonces et ce que chacun peut constater de ses propres yeux. Les populations s’interrogent : quels travaux ont réellement été effectués ? À quelle période ? Avec quels résultats visibles aujourd’hui ? La transparence sur la gestion du matériel et du patrimoine sportif devient une exigence légitime, non pas pour accuser sans preuve, mais pour comprendre et corriger ce qui doit l’être.

L’Union Sportive de Bitam (USB), appelée à défendre ses couleurs dans ce championnat, se retrouve au cœur de cette équation délicate. Comment préparer sereinement une saison quand le stade censé accueillir les rencontres est dans un tel état ? Le président Billy Bendo Edo et son bureau ont besoin de stabilité, de visibilité et d’infrastructures viables pour travailler dans la sérénité. Au-delà du club, c’est toute une ville qui risque d’être exposée au regard du pays à travers une image peu flatteuse.

De nombreuses voix estiment qu’il est temps que la mairie de Bitam reprenne pleinement la main sur ce patrimoine, pour le bien commun. Un stade municipal n’est pas la propriété d’un groupe ou d’un cercle restreint : il appartient à la collectivité, aux jeunes, aux sportifs, aux supporters. Sa gestion doit répondre à l’intérêt général et aux règles en vigueur.

Dans le contexte institutionnel actuel, où l’on parle de renouveau, d’autorité de l’État et de responsabilité publique, le cas du stade Gaston Peyrille apparaît comme un test concret. Restaurer cette enceinte, c’est restaurer un symbole. C’est redonner à la jeunesse un espace d’expression et à Bitam un motif de fierté.

Le temps presse. Le championnat arrive. Et avec lui, une question simple mais lourde de sens, Bitam est-elle prête à accueillir le football dans un stade à la hauteur de son histoire et de ses ambitions ?

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Gabon: L'opportunisme des présidents des fédérations sportives.

Handball-Crise à Kigali: Oligui Nguema ordonne le retour de la délégation gabonaise